Imposition du rachat partiel ou total (assurance-vie)

Décembre 2017

L'imposition des rachats sur un contrat d'assurance-vie dépend de la durée du contrat et des dates de versements. Il diffère aussi selon que le retrait est partiel ou total. Le point sur la fiscalité de l'assurance-vie en matière d'impôt sur le revenu.


Assiette et montant taxable

Rachat total

Le produit éventuellement taxable d'un bon de capitalisation (non anonyme) ou d'une assurance-vie est égal à la différence entre les fonds reversés au titulaire et le montant des versements effectués.

Rachat partiel

Si le titulaire ne récupère qu'une partie des fonds (rachat partiel), le produit taxable est calculé d'après la formule suivante : PI = RP - [V x (RP/E)]
PI : produit imposable, RP : montant du rachat partiel, V : montant total des versements effectués sur le contrat, E : montant de l'épargne acquise au moment du rachat partiel.

Le montant du rachat partiel (RP) est donc constitué d'une part d'un remboursement partiel du capital versé (Capital Remboursé soit CR) et d'autre part d'un produit imposable (PI), partie des intérêts accumulés sur le contrat.

Pour le deuxième rachat partiel, on appliquera la formule suivante :
PI = RP - [(V-CR) x (RP/E)]

Pour le calcul du produit imposable, on déduit donc du montant total des versements la partie du capital déjà remboursée lors de rachats partiels précédents.

A l'impôt s'ajoutent naturellement la CSG sur l'assurance-vie et les autres prélèvements sociaux. N'est traité ici que l'impôt sur le revenu.

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Les conseils d'Eric Roig, directeur-fondateur de droit-finances.net


Produits liés à des versements antérieurs au 27 septembre 2017

Moins de huit ans

Quand le titulaire retire tout ou partie des fonds moins de huit ans après la souscription du contrat, les produits sont ajoutés au revenu imposable. Mais le titulaire du contrat d'assurance-vie peut opter aussi pour un prélèvement libératoire aux taux suivants (hors prélèvements sociaux) :

  • 35% si le retrait a lieu avant la fin de la quatrième année,
  • 15% si le retrait a lieu entre la quatrième et la huitième année.

Plus de huit ans

Quand le retrait partiel ou total a lieu plus de huit ans après la souscription, les produits d'un bon de capitalisation ou d'un contrat d'assurance-vie sont soumis à l'impôt sur le revenu ou, sur option, à un prélèvement libératoire de 7,5% (solution généralement plus favorable).
Cette taxation spécifique ne s'applique pas aux produits d'assurance-vie perçus dans le cadre d'un plan d'épargne populaire.

Les produits sont taxés après un abattement de 4 600 euros (personne seule) ou 9 200 euros (couple) sur tous les retraits de l'année, tous contrats confondus.
Cette disposition incite naturellement les titulaires à étaler sur plusieurs années leurs retraits partiels afin de bénéficier plusieurs fois de l'abattement.

Plusieurs exceptions sont toutefois prévues.

Contrats souscrits avant le 1er janvier 1983

Les produits sont exonérés d'impôts (mais pas des prélèvements sociaux).

Contrats entre le 1er janvier 1983 et le 26 septembre 1997

Sur les contrats ou bons souscrits après le 1er janvier 1983 mais avant le 26 septembre 1997 :

  • les produits des versements effectués à partir du 1er janvier 1998 sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à la taxation forfaitaire de 7,5% selon les modalités ci-dessus.
  • les produits des versements inférieurs à 30 500 euros, effectués entre le 26 septembre et le 31 décembre 1997, sont exonérés. Ce seuil est apprécié globalement par titulaire. La fraction excédentaire est soumise à la taxation sur les produits acquis à compter du 1er janvier 1998.
  • les produits des versements effectués avant le 26 septembre 1997 restent exonérés.
  • les produits des contrats à versements programmés ouverts avant le 26 septembre 1997 restent exonérés quels que soient le montant et la date des versements.

Contrats ou bons souscrits après le 26 septembre 1997

Pour les contrats ou bons souscrits après le 26 septembre 1997, les produits acquis à partir du 1er janvier 1998 sont soumis à la taxation.

Produits liés à des versements à compter du 27 septembre 2017

Les rachats effectués sur des contrats de moins de huit ans sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou Flat Tax). Le titulaire du contrat peut aussi opter pour l'imposition au barème progressif, mais cette option concerne alors l'ensemble de ses plus-values et revenus mobiliers.

L'imposition des contrats de plus de huit ans diffère selon le montant des contrats d'assurance-vie du contribuable.

Cas N°1. Le montant total des versements en assurance-vie du contribuable ne dépasse pas 150 000 € au 31 décembre de l'année précédant le rachat partiel ou total.

Les rachats effectués sur des contrats de plus de huit ans sont soumis au régime décrit ci-dessus pour les versements antérieurs au 27 septembre 2017.

Cas N°2. Le montant total des versements en assurance-vie du contribuable dépasse 150 000 € au 31 décembre de l'année précédant le rachat partiel ou total.

Sauf option pour le barème progressif, un taux de 12,8% est applicable au prorata de la fraction dépassant 150 000 €.

  • Soit MV le montant total des versements en assurance-vie et MT le montant taxable
  • Soit TP le taux de proratisation égal à 150 000/MV
  • TP x MT = MT1 = partie des produits taxés au taux de 7,5%
  • MT2 = MT — MT1 = partie des produits taxés au taux de 12,8%
  • Les abattements de 4 600 € ou 9 200 € sont d'abord imputés sur MT1, le solde éventuel sur MT2.

Exonération totale

Les produits sont totalement exonérés d'impôt, quelle que soit la durée du contrat, dans les cas suivants :

  • quand le contrat se dénoue par le versement d'une rente viagère, qui sera alors imposé après l'abattement sur les rentes
  • quand le dénouement du contrat résulte du licenciement, de la mise à la retraite anticipée du titulaire, ou d'une invalidité affectant le titulaire ou son conjoint. Il s'agit d'une invalidité de deuxième ou troisième catégorie empêchant toute activité professionnelle. La fin d'un CDD est assimilée à une perte involontaire d'emploi comme le licenciement (Rep. Jacquat, Joan 5/10/2004). En revanche, la rupture conventionnelle ne donne pas droit à l'exonération fiscale. Le retrait doit avoir lieu avant la fin de l'année qui suit celle de l'événement.

Mais naturellement, les produits restent soumis aux prélèvements sociaux (sauf en cas d'invalidité).

Voir aussi


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