Comment bien gérer son patrimoine : règles et conseils

Août 2015

La gestion d'un patrimoine dépend du profil familial ou professionnel de chacun. Mais au-delà des cas particuliers, elle doit aussi respecter certains principes de base. Nos conseils.


La gestion d'un patrimoine ne se limite pas à sélectionner des placements rentables sur lesquels investir son épargne. Les objectifs sont plus larges puisqu'il s'agit aussi, par exemple, de préparer ou de compléter sa future retraite, d'assurer l'avenir de son conjoint ou encore de prévoir la transmission à ses héritiers.

Chaque situation étant particulière, on ne peut ici que rappeler quelques conseils de bon sens.

Voir au-delà du simple placement

Si tout épargnant doit veiller à sélectionner les investissements présentant les meilleures performances, la gestion d'un patrimoine intègre d'autres aspects. Parmi les objectifs les plus courants :

Financer les études de ses enfants

Si vous prévoyez de consacrer des sommes importantes à l'éducation de vos enfants, évitez les placements qui bloquent votre épargne trop longtemps.

Assurer l'avenir de sa famille en cas de malheur

L'épargne accumulée aujourd'hui n'y suffira peut-être pas... Vous devez donc penser à souscrire une assurance-décès. En y ajoutant une option « invalidité », car votre patrimoine n'est peut-être pas assez important pour faire vivre votre famille en cas d'arrêt forcé de votre activité professionnelle.

Assurer l'avenir de son conjoint

Le conjoint n'hérite qu'une partie du patrimoine du défunt. Vous devez donc prendre certaines dispositions (testament, donations, etc.) si votre situation l'exige.

L'assurance-vie est, dans cette perspective, un bon support, même si le rendement des fonds en euros n'est plus très élevé.

Préparer sa succession

A partir d'un certain âge et d'un certain patrimoine, c'est une préoccupation qui doit orienter le choix de vos investissements. N'oubliez pas qu'au-delà d'un certain montant par part, vos enfants paieront 20% et plus de droits de succession... Un placement comme l'assurance-vie peut se révéler judicieux en raison de ses avantages en matière de succession.

Bien définir ses objectifs

C'est une évidence qu'il faut rappeler : un placement très rentable constituera un choix médiocre s'il ne correspond pas à vos objectifs patrimoniaux. Vous avez le choix entre trois grandes options :

Constituer un capital

Par exemple, pour acheter votre résidence principale ou celle de vos enfants, ou encore pour transmettre à vos héritiers. Exemples de supports à privilégier : le plan d'épargne-logement, l'assurance-vie, le Plan d'Epargne en Actions, etc.

Percevoir des revenus réguliers dans l'avenir

Par exemple, pour compléter une retraite ou pour entamer une réduction progressive d'activité. Exemples de supports : un investissement locatif financé par l'emprunt, une assurance-vie qu'on pourra liquider progressivement dans huit ans, l'ouverture d'un contrat Madelin pour les non-salariés, etc.

Percevoir dès maintenant des revenus réguliers

Exemples de supports : certains contrats d'assurance-vie qui procurent des revenus, un investissement locatif au comptant, des obligations, etc.
En fonction de votre âge et de vos objectifs, vous pouvez accepter une part plus ou moins importante de risque. Un cadre de 35 ans pourra, par exemple, investir davantage sur les marchés boursiers qu'un pré-retraité plus soucieux de sécurité.

Evaluer toutes les caractéristiques

Un placement, quel qu'il soit, possède quatre caractéristiques fondamentales : le risque, la disponibilité, la fiscalité, la performance. Quatre caractéristiques qui sont intimement liées...

Le risque proportionnel à la performance

Celui qui privilégie la sécurité doit accepter une plus-value ou un rendement médiocre.

La performance augmente en principe avec le temps

Les placements à dix ans rapportent en principe plus que ceux à deux ou trois ans. Mais la notion de disponibilité ne doit pas être confondue avec la liquidité.

La disponibilité est en quelque sorte la possibilité de récupérer ses fonds à un instant donné avec un risque minime de moins-value. Le Plan d'Epargne Logement est sûr mais l'épargne est théoriquement bloquée pendant au moins quatre ans. Ou plus précisément, le rendement prévu sera réduit si vous clôturez le plan avant son terme.

A l'inverse, un portefeuille d'actions est théoriquement liquide mais il faut attendre un certain délai pour limiter les risques de moins-value.

La fiscalité, quand elle est très avantageuse, implique souvent un risque ou un inconvénient économiques. Exemple : le plan d'épargne en actions, ou l'investissement dans les Dom-Tom. De même, les incitations fiscales à l'achat de logements locatifs sont censées compenser le surcoût du neuf.

A chacun d'évaluer au mieux les caractéristiques des placements pour choisir celui qui correspond à ses objectifs et ses contraintes.

Relativiser la fiscalité...

La fiscalité ne doit pas être le seul critère de choix. Un bon placement est un placement que l'on aurait choisi même sans avantage fiscal.

Ne vous laissez surtout pas tenter par les mirages de la défiscalisation !

mais en tenir compte...

Cela étant, la rentabilité doit se calculer après impôt. Ce qui implique que le choix du placement doit tenir compte de la situation fiscale de chacun. Inutile de privilégier des supports à revenus quand on est déjà fortement imposé.

...et calculer la rentabilité précise.

Il faut, en particulier, tenir compte des décalages dans le temps des encaissements, des décaissements et des économies d'impôts. Exemple : certains dispositifs fiscaux étalent les réductions d'impôts sur plusieurs années, ce qui réduit la rentabilité nette finale.

Il ne faut pas oublier non plus de raisonner en prenant en compte la rentabilité annuelle. Certains supports financiers garantissent fièrement ainsi 50% de plus-value en douze ans. Mais ce taux cumulé ne fait jamais qu'environ 3,5% par an...

Eviter la spéculation

Spéculer sur un placement, c'est prendre des risques importants pour gagner gros en peu de temps. Cette forme d'investissement est incompatible avec la gestion d'un patrimoine, qui implique des choix plus mesurés à plus long terme. Rien n'empêche toutefois de consacrer une petite partie de ses avoirs à des produits à risques et potentiels importants.

Diversifier ses supports

Un patrimoine bien géré est un patrimoine équilibré. Sa diversification entre actions françaises et étrangères, obligations, produits monétaires et immobilier, permet de « lisser » les effets de la conjoncture et d'assurer sa valorisation à long terme.

La diversification doit même concerner les différents types de supports. Mieux vaut éviter de concentrer son épargne dans un seul établissement financier, sur un seul contrat d'assurance-vie ou dans un seul ensemble immobilier...

En revanche, inutile non plus d'éparpiller ses comptes et son patrimoine. Diversification ne signifie pas « atomisation ». Deux ou trois banques ou compagnies d'assurance-vie suffisent. Au-delà, on risque de supporter des frais de gestion inutiles.

Adapter ses choix à ses moyens

C'est une évidence qu'il faut rappeler. Est-il bien utile de diversifier à outrance quand on possède quelques milliers d'euros sur un Livret A ? Est-il bien utile de chercher à tout prix des produits exonérés de droits de succession quand son patrimoine est modeste ?

Privilégiez la régularité

La saine gestion d'un patrimoine implique une certaine régularité dans l'épargne. En matière d'investissements, il faut se méfier des modes et des engouements successifs.

Définissez une stratégie et n'en changez pas trop souvent.

L'investissement en bourse est un bon exemple de cette nécessaire régularité. Si vous cherchez à tout prix la « bonne affaire », à grands renforts d'allers-retours sur le marché, vous risquez d'investir à contre-courant et de rater les hausses du marché, qui sont toujours concentrées sur de courtes périodes. Même les professionnels les plus avertis ont du mal à prévoir les creux et les sommets... Plutôt que de risquer d'anticiper à tort, investissez régulièrement, par vagues successives. Et cela, quelle que soit la conjoncture. A long terme, vous serez gagnant.

Ce qui ne doit pas empêcher, naturellement, de concrétiser ses plus-values en temps utile.

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