De nombreux épargnants ont besoin de compléter leurs revenus par des rentrées régulières. Le point sur les supports les plus performants ou les moins imposés.
Salariés ou travailleurs indépendants, retraités ou actifs, nombreux sont les épargnants qui souhaitent obtenir des revenus réguliers pour de multiples raisons : compléter sa retraite, arrondir une rémunération jugée insuffisante, voire même vivre de son capital pour les plus fortunés.
La conjoncture de ces dernières années a même accentué ce besoin. Le public a compris que le système de répartition ne pourrait plus garantir une retraite décente du fait de la persistance du chômage, de l'allongement de la durée de vie et aussi de la très médiocre qualité de gestion des caisses concernées.
La hausse de la pression fiscale et la baisse généralisée des taux a également compliqué la tâche des épargnants. Pour obtenir le même rendement qu'auparavant, on est désormais contraint d'investir davantage et de prendre plus de risques. Ce qui a accentué le besoin de revenus réguliers et sûrs.
En principe, chacun peut se constituer une source de revenus réguliers quelle que soit la nature de son investissement. La source peut provenir d'une recette encaissée (immobilier), d'une distribution (dividendes d'actions, coupons d'obligations) mais aussi de la liquidation régulière d'une partie de son capital.
Exemple typique : la gestion d'un portefeuille d'actions cotées en bourse. En général, les dividendes distribués sont assez faibles. Mais l'on peut parfaitement concrétiser régulièrement ses plus-values afin de se constituer une source de revenus. Le même raisonnement vaut naturellement pour les Sicav ou Fcp.
Naturellement, le raisonnement vaut également pour tous les supports monétaires et autres livrets à progression garantie, pour lesquels la gestion est même plus simple puisqu'on n'a pas à se préoccuper du moment de la vente.
Ce type de méthode appelle toutefois deux remarques.
D'abord l'impact de la fiscalité est important. L'idéal consiste donc à utiliser les produits « défiscalisés » comme les livrets, l'assurance-vie, le PEA ou le PEP.
Ensuite, de nombreux épargnants préfèrent être débarrassés de tout souci de gestion. Ce qui élimine de fait certains supports d'investissement et certaines méthodes.
Le choix entre les différentes solutions présentées ici dépend donc des objectifs et contraintes personnels de chacun.
C'est une solution simple et classique.
On achète une obligation qui garantit un rendement et l'on récupère son capital à l'échéance.
Sur le plan fiscal, les revenus sont soumis à l'imposition des placements à revenus fixe.
Le capital est garanti si l'on souscrit à l'émission et si l'on attend l'échéance de remboursement.
Les revenus sont constants puisque les rendements sont fixes pendant toute la durée de l'obligation.
Par rapport aux plus-values, l'option pour le barème progressif peut être intéressante pour les personnes faiblement imposées.
Le capital est toujours disponible : il suffit de vendre ses titres.
Bien que disponible, le capital peut subir une moins-value en cas de vente avant l'échéance si les taux du marché augmentent, ce qui fait mécaniquement baisser la valeur des obligations déjà émises.
Si l'inflation repart, l'épargnant perdra du pouvoir d'achat puisque le rendement reste fixe.
Mieux vaut exclure les obligations à long terme pour éviter les risques liés à une remontée des taux.
On peut s'intéresser aux obligations d'Etat indexées sur l'inflation (OATi). Elles rapportent un peu moins que les emprunts d'Etat classiques mais constituent une bonne protection contre toute relance de l'inflation.
Attention aux frais de transaction et aux droits de garde. Mieux vaut acheter les obligations d'Etat (OAT) sur le marché secondaire qu'au moment de l'émission. On peut également opter pour des obligations du secteur bancaire (qui rapportent un peu plus que les OAT) et choisir celles émises par sa banque pour économiser les droits de garde.
Les Sicav à revenus, dont le portefeuille est essentiellement constitué d'obligations, étaient naguère très prisées des épargnants qui les considéraient comme un moyen sûr de se procurer des ressources régulières. Mais l'évolution de ces dernières années leur a appris (ou rappelé) que leur valeur pouvait fortement chuter et que le rendement pouvait, lui aussi, diminuer.
Pour un épargnant non averti, ces produits sont plus faciles d'accès.
En cas de hausse des taux, le rendement peut théoriquement augmenter puisque, par définition, les Sicav de ce type renouvellent en permanence leur stock d'obligations.
A l'inverse, en cas de baisse des taux, le rendement peut chuter alors qu'il demeure fixe pour les obligations détenues en direct.
Comme pour une obligation, la valeur de la Sicav peut baisser en cas de hausse des taux.
Et comme il n'y a pas de date d'échéance, on n'est jamais sûr de récupérer le capital initialement investi.
Les frais d'entrée sont souvent plus élevés que les frais d'émission d'une obligation.
Le rendement de ce type de support est toujours inférieur à celui d'un portefeuille d'obligations détenues en direct puisqu'il faut bien rémunérer la gérance et les frais de commercialisation.
Avant de choisir, il faut examiner de près plusieurs paramètres.
En principe, le PEA n'est pas destiné à percevoir des revenus réguliers. Tout retrait avant cinq ans entraîne même une taxation des plus-values et dividendes. Mais n'oublions que la durée du PEA n'est pas limitée : huit ans après l'ouverture, on peut retirer des fonds sans clore le plan et sans perdre le bénéfice des avantages fiscaux.
Exemple : M. Martin a ouvert un PEA en année N et verse 100 000 euros. Il achète des actions à fort dividende, le rendement de certains titres atteignant, voire dépassant, le rendement des obligations. Ces dividendes sont versés sur le compte. En N+8, il pourra retirer ces dividendes accumulés tout en conservant les actions. Il disposera ainsi chaque année d'une source de revenus exonérés d'impôt (hors prélèvements sociaux).
On ne paie que les prélèvements sociaux alors que les revenus d'obligations et produits assimilés sont soumis au barème progressif.
Le capital peut se valoriser en cas de hausse des cours.
Ce même capital peut aussi diminuer puisque le cours des actions est plus volatil que celui des obligations et produits assimilés.
Le rendement n'est pas garanti et dépend de la politique de distribution de la société cotée.
Les versements totaux sont plafonnés à 132 000 euros.
Comme le PEA, l'assurance-vie n'est pas, en principe, adaptée à la perception de revenus réguliers. La réalité et la pratique sont très différentes.
Dans un récent passé, les clients qui souhaitaient des revenus réguliers demandaient des avances périodiques...qui n'étaient jamais remboursées. Outre que cette pratique était coûteuse puisque le gérant prélevait un intérêt modique (environ 0,5%), elle a été abandonnée par la quasi-totalité des assureurs devant les menaces du fisc.
Aujourd'hui, mieux vaut donc procéder à des rachats partiels réguliers. Certes, il faut attendre huit ans pour que les produits soient totalement exonérés d'impôts. Mais contrairement au PEA, les retraits avant cette échéance n'entraînent pas la clôture du contrat. Et la fiscalité des rachats partiels est assez favorable bien que très complexe.
En cas de retrait, les intérêts sont taxés selon le dispositif suivant :
prélèvement libératoire de 35% si le contrat a moins de quatre ans,
prélèvement libératoire de 15% si le contrat a entre quatre et huit ans,
exonération pour les contrats qui ont plus de huit ans.
Dans tous les cas, l'épargnant peut aussi choisir d'ajouter les intérêts taxables à son revenu global.
Avec plusieurs précisions :
La CSG et la CRDS sont prélevées directement chaque année sur le montant des intérêts.
En cas de retrait après huit ans, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire de 7,5% si leur montant total dépasse 4 600 euros par an (le double pour un couple). Mais cette taxe ne concerne que les produits des sommes investies après le 26 septembre 1997.
Il faut également rappeler que lorsqu'on retire une somme donnée, le fisc considère qu'on retire aussi une partie du capital et ne taxe donc pas la totalité de cette somme. La partie imposable d'un retrait partiel peut être minime.
Le poids de la fiscalité est faible.
La fiscalité applicable aux rachats partiels peut évoluer, les services fiscaux manifestant un certain « agacement » devant ce type de technique. Mais elle restera sans doute globalement plus favorable que celle des autres supports.
Solution traditionnelle, l'achat de logements locatifs constitue une bonne opportunité actuellement. Les prix à l'achat ont baissé, ce qui a entraîné une hausse mécanique des rendements.
En louant de petites surfaces, on peut obtenir environ 6% de rendement, voire plus pour les locations meublées;
Le capital peut se valoriser au fil des années.
La gestion d'un patrimoine locatif exige du temps.
Les risques sont plus élevés (impayés, vacance du logement, etc.).
Le capital est beaucoup moins « liquide », ce qui peut poser quelques problèmes en cas de besoin urgent d'argent.
La fiscalité étant strictement identique à l'immobilier en direct, les avantages et inconvénients sont comparables. A ceci près que l'acheteur de Scpi ne supporte aucun des inconvénients liés à la gestion en direct de logements.
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