Contrat d'assurance-vie : frais et performances

Décembre 2016

Comment choisir un bon contrat d'assurance-vie ? Malgré la hausse de la pression fiscale, l'assurance-vie reste un excellent support. A condition de bien examiner les différents critères de choix.


Chacun des critères définis ci-dessous n'est pas déterminant à lui seul. Pour bien choisir un contrat, il faut vraiment tenir compte de tous ses aspects. En sachant qu'il n'y a pas de produit miracle qui cumule toutes les qualités à la fois. Et en précisant qu'on ne parle ici que des supports en euros, la rentabilité des autres supports dépendant d'autres facteurs (évolution des marchés actions, etc.).
Dans tous les cas, vous pouvez toujours renoncer à un contrat d'assurance-vie que vous venez de souscrire pendant un délai de 30 jours, en adressant une lettre de rétractation d'un contrat d'assurance-vie à votre assureur.

Les performances

C'est un critère « incontournable » qu'il faut toutefois relativiser.

D'abord en vérifiant ces performances sur le moyen et long terme. Inutile d'acheter un contrat que l'assureur a « dopé », pour des raisons commerciales, sur un ou deux exercices...

Ensuite en tenant compte les frais d'entrée qui viennent diminuer la performance brute.

Enfin, en sachant bien que les performances d'hier ne garantissent pas les performances de demain.
Dans le cas des multi-supports, ce critère est encore plus délicat à évaluer puisqu'il faut ajouter à la performance la notion de volatilité des résultats ou le degré de risque.

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Les conseils d'Eric Roig, directeur-fondateur de droit-finances.net


Les frais d'entrée

Destinés à couvrir les coûts de commercialisation, les frais d'entrée réduisent le montant du capital investi lors de chaque versement. Mais ils sont toujours négociables : un niveau de 1 à 1,5% est aujourd'hui un grand maximum. Précisons également que de plus en plus de contrats sont proposés par internet avec des droits d'entrée à 0%.
Cela étant, mieux vaut un contrat performant à frais d'entrée élevés que l'inverse : sur le long terme, l'impact des frais d'entrée s'estompera au fil des années.
Attention aux frais précomptés dans certains contrats à versements programmés. Au lieu d'être prélevés sur chaque versement, ils sont perçus d'un seul coup sur la ou les premières primes. Ce qui pose un énorme problème en cas d'interruption anticipée du contrat. Mais ce genre de contrat est de plus en plus rare.

Les frais de gestion

Les frais de gestion sont prélevés chaque année sur le montant de l'épargne gérée. Ils sont normalement intégrés dans les performances nettes annuelles affichées par les assureurs (0,6% est une honnête moyenne). En cette période de rendements faibles, ces frais de gestion viennent impacter la performance.

Les frais d'arbitrage

Les frais d'arbitrage ne concernent que les multi-supports. Ils sont prélevés quand l'épargnant passe d'un support à l'autre. 1% est un maximum, les contrats d'assurance-vie en ligne étant généralement à 0%. Attention aux « coûts cachés » : certains contrats ajoutent les droits d'entrée sur le support sélectionné aux frais d'arbitrage proprement dit.

La participation aux bénéfices

Certains contrats affichent fièrement « 100% de participation aux bénéfices ». C'est davantage une méthode comptable qu'une réalité financière. Cet argument commercial ne nous paraît pas devoir entrer en ligne de compte dans le choix du support.

Les avances

Il faut naturellement choisir un contrat qui autorise les avances. Il est parfois difficile de bien évaluer leur coût. Le mieux est de demander à son courtier ou assureur des exemples précis et chiffrés. En sachant que le coût de l'avance ne devrait pas dépasser 0,5% par an au grand maximum.

Les clauses de rachat

Certains contrats prévoient des pénalités en cas de rachat partiel ou total avant l'échéance. Ils sont naturellement à éviter.

Attention également au rendement servi l'année du rachat partiel ou total. Certains assureurs ne servent que l'intérêt minimal. D'autres, au contraire, rémunèrent l'épargne jusqu'au moment du rachat. Il faut donc bien s'informer sur les conditions financières du rachat : quel est exactement le taux d'intérêt servi entre le début de l'année et la date du rachat? L'idéal est de demander une simulation précise à son assureur.

Les dates de valeur

Certains contrats valorisent les versements dès le 2ème jour. D'autres fonctionnent un peu comme le Livret A avec des dates de valeur bimensuelles, voire mensuelles. Dans la mesure où l'assurance-vie n'est pas un placement de trésorerie, ce n'est pas là un critère important. L'essentiel est de moduler ses versements de façon à ne pas laisser « dormir » son investissement trop longtemps.

Les versements

L'idéal est de choisir un contrat à versements libres où vous pouvez moduler à votre guise le rythme de votre épargne. Mais les contrats à versements programmés ne sont pas à bannir. Ils créent une « contrainte » qui peut être utile.

Les capitaux gérés

Le montant des capitaux gérés peut avoir une certaine influence sur la performance. Généralement, les « petits » contrats ont plus de souplesse pour mener une gestion dynamique des investissements : il est plus facile de « bien placer » 50 millions d'euros de collecte annuelle que deux ou trois milliards... Inversement, la « force d'inertie » des « gros » contrats implique sans doute une plus grande régularité des performances.

L'ancienneté du contrat

La rentabilité d'un support en euros dépend essentiellement du taux des obligations que le contrat a accumulées au fil des années. Or, ce taux varie naturellement dans le temps. Il était jadis plutôt élevé, ce qui expliquait les rendements supérieurs, par exemple, à 9% affichés par les bons contrats en 1992. Il est aujourd'hui très bas et les rendements ont donc baissé. Mais les anciens contrats possédaient un portefeuille important d'anciennes obligations à taux élevé : ils ont donc pu « amortir » en quelque sorte la baisse des taux. Davantage en tout que les contrats récents qui n'avaient que des obligations à faible taux en portefeuille.
On parle aujourd'hui d'une remontée des taux à moyen terme. Conséquence : les contrats les plus récents seront donc avantagés.
Conclusion : en période de baisse des taux, mieux vaut privilégier les contrats anciens. Et à l'inverse, en période de hausse des taux, les contrats plus récents sont théoriquement plus performants. Avec un inconvénient : en souscrivant aujourd'hui un contrat récent, on s'engage à nouveau sur une période minimale de huit ans pourr profiter de l'exonération d'impôt.

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Crédits photo : 123RF - thodonal


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