Pour être reconnu comme tel, un accident du travail doit être distingué d'une maladie (professionnelle ou non) ou d'un accident survenu en dehors du travail. Cette qualification est importante : c'est d'elle que va dépendre la nature de la protection sociale accordée par la suite au salarié. Lorsque celui-ci subit un dommage, il convient donc avant tout de vérifier si les critères de l'accident du travail sont bien réunis.
Selon le Code de la sécurité sociale (article L411-1), l'accident de travail doit être survenu par le fait ou à l'occasion du travail. Il peut concerner toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise. Plusieurs critères découlent de cette définition légale.
La soudaineté de l'accident
L'accident du travail se distingue de la maladie professionnelle, dont l'apparition est progressive, par son caractère soudain. Le dommage subi par le salarié doit être apparu de façon subite : chute, blessure avec un outil, intoxication, lésions cervicales, etc. La lésion peut être d'ordre physique (hernie, plaie, fracture, ...) mais aussi psychologique (état dépressif, stress, ...). Mais le seul critère de soudaineté ne suffit pas à distinguer l'accident de travail de l'accident non-professionnel. Un lien direct doit donc également exister entre l'accident et le travail.
Un lien direct avec le travail
Les tribunaux considèrent que le salarié est victime d'un accident du travail lorsque l'événement s'inscrit dans le cadre de l'exécution du contrat de travail, à un moment et dans un lieu où le salarié se trouve sous le contrôle et l'autorité de son employeur. A partir de ces critères, il appartient aux juges d'apprécier la nature du lien existant entre l'accident et le travail, en fonction des cas auxquels ils sont confrontés.
Exemples de décisions prises par les tribunaux :
- Un accident survenu sur le parking réservé aux salariés d'une entreprise, ou dans la cantine située au sein de l'entreprise, peut être considéré comme un accident du travail. Il en est de même pour un salarié travaillant à domicile victime d'un accident si celui-ci survient à l'occasion de l'exécution de travaux confiés par l'employeur.
- En revanche, ne constituent pas un accident du travail :
- celui survenu alors que le salarié s'était absenté pendant ses heures de travail
- celui survenu alors que le contrat de travail du salarié était suspendu du fait d'une grève, et ce alors même que l'accident a eu lieu dans l'entreprise.
Accidents du travail et accidents de trajet
La loi considère les accidents de trajet comme des accidents de travail lorsque qu'ils surviennent entre le lieu de travail et :
- la résidence principale, une résidence secondaire présentant un caractère de stabilité ou tout autre lieu où le travailleur se rend de façon habituelle pour des motifs d'ordre familial. Le détour entre le domicile et le lieu de travail peut justifier un accident du travail lorsqu'il est rendu nécessaire dans le cadre d'un covoiturage régulier.
- le lieu où le travailleur prend habituellement ses repas (restaurant, cantine, ...). Cependant, l'accident survenu au cours du trajet ne sera pas professionnel s'il s'avère que le salarié a effectué un détour ou interrompu son trajet pour des motifs personnels et étrangers aux nécessités essentielles de la vie courante ou indépendants de l'emploi.
La vérification des critères par la CPAM
Lorsque les premières formalités faisant suite à l'accident du travail ont été accomplies par le salarié et son employeur, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) procède à une enquête afin de vérifier si l'accident possède bien un caractère professionnel. Pour ce faire, elle va s'assurer que les critères précédemment évoqués sont bien réunis.
Réalisé en collaboration avec des professionnels du droit et de la finance, sous la direction d'Eric Roig, diplômé d'HEC
Dernière modification le mardi 25 octobre 2011 à 12:36:53 par Matthieu-B