Pouvoir arbitrer entre plusieurs supports au gré de l'évolution des marchés. C'est l'avantage des contrats multisupports.

On se souvient qu'il y a plusieurs lustres déjà, le rendement des Sicav monétaires dépassait 10% par an. Cette époque est aujourd'hui révolue. Les placements sûrs (Livret A, Sicav monétaires, etc.) sont à présent destinés à une épargne en attente d'utilisation. Ce qui correspond à leur nature profonde : il s'agit avant tout de supports à court terme.

Pour obtenir des rendements plus importants, il faut à présent investir à plus long terme et accepter une dose de risque. Les épargnants qui ont transféré une partie de leur patrimoine des produits monétaires sur les marchés boursiers n'ont rien à regretter.

En dépit des soubresauts des marchés, la bourse reste, à long terme, le support le plus performant. A condition de respecter quelques règles élémentaires de gestion.

Les différents supports

L'épargnant souhaitant investir en bourse peut acheter des actions ou des Opcvm (Sicav ou Fcp). Dans les deux cas, il devra payer un impôt sur les plus-values au taux global de 30,1%. A moins d'utiliser le cadre fiscal du PEA, qui offre une exonération totale d'impôt (exception faite des prélèvements sociaux de 12,1%). Mais le plan d'épargne en actions présente deux inconvénients majeurs.

D'une part, les versements sont limités à 132 000 euros. Ce qui peut limiter la marge de manœuvre de certains épargnants.

D'autre part, le titulaire d'un PEA ne peut acheter que des titres de sociétés européennes ou des Opcvm de même type. Il lui est impossible donc de diversifier son patrimoine mobilier vers des marchés américains ou asiatiques, ou de placer des sommes en attente d'utilisation sur des supports monétaires ou obligataires.
L'assurance-vie multisupport permet d'éviter ces deux inconvénients.

Les multisupports

Certes, ces produits sont à présent bien connus du public. Mais un grand nombre d'épargnants n'ont pas encore franchi le pas. D'où la nécessité d'en rappeler, une fois de plus, les avantages.

Les contrats d'assurance-vie multisupports sont soumis aux règles fiscales de l'assurance-vie en matière de plus-values. Au-delà de huit ans, les produits échappent donc à tout impôt sur les plus-values.
Le titulaire devra tout de même payer les prélèvements sociaux au taux de 12,1%, plus la taxe spécifique de 7,5% s'il dépasse le plafond de retrait annuel fixé par la Loi de Finances 98.

Ils bénéficient également de l'exonération de droits de succession, dans les limites fixées par la loi.

Une fois sélectionné son contrat (ou ses contrats), l'épargnant pourra répartir son versement entre plusieurs Opcvm proposés par la compagnie. Et en cours de contrat, il pourra modifier cette répartition comme il l'entend. Les plus-values d'arbitrage ne sont pas imposables et les arbitrages eux-mêmes n'entrent pas dans le calcul du seuil de cession.
Exemple : M. Martin investit 100, dont 30 en actions françaises, 50 en produits monétaires et 20 en obligataires long terme. Si les marchés boursiers lui paraissent plus séduisants par la suite, il pourra retirer 20 de ses produits monétaires pour les ajouter à ses 30 initiaux.
Un multisupports permet par exemple de programmer des versements réguliers constants sur les marchés boursiers sans avoir à tenir compte de la valeur liquidative des Opcvm puisque l'épargne sera investie au franc près.

Certes, le multisupports n'est pas adapté au « boursicoteur » qui souhaite sélectionner lui-même ses titres. Mais la gamme des Opcvm est assez large pour satisfaire la grande majorité des épargnants.

Les critères de choix

Les frais d'entrée doivent naturellement être négociés : 3/4% paraissent un grand maximum.

Les frais d'arbitrage ne doivent pas dépasser 0,6%/0,8%.

Le contrat doit laisser la possibilité d'arbitrer à tout moment. En sachant qu'il est inutile - et dangereux - de multiplier les allers-retours...

Enfin, la gamme proposée par l'assureur doit offrir un choix aussi large que possible.

Les prélèvements sociaux

Autre atout, non négligeable, des multisupports : la date de paiement des prélèvements sociaux. Dans un contrat mono-support en euros, l'assureur prélève 12,1% de la rémunération nette à chaque 31 décembre. Puisque les plus-values sont « sécurisées » et définitivement acquises à l'assuré.

Dans un multisupport, la situation est différente. L'assuré peut arbitrer à tout moment entre les différents supports et ces supports (sauf ceux en euros) peuvent afficher des performances négatives. Les prélèvements sociaux ne seront donc payés que lorsque vous retirerez tout ou partie de votre épargne. Y compris si la quasi-totalité de celle-ci est investie sur le fonds en euros. La date des prélèvements est donc reculée d'autant et votrre épargne fructifie pendant ce temps.

Dernière modification le mercredi 29 avril 2009 à 00:35:39.

Réalisé en collaboration avec des professionnels du droit et de la finance, sous la direction d'Eric Roig, diplômé d'HEC

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