Selon le statut de l'entreprise, le dirigeant-associé peut percevoir un salaire, une part du bénéfice de l'entreprise et/ou des dividendes.
Dans les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, les dirigeants, associés ou actionnaires, peuvent percevoir une rémunération en contrepartie de leur activité.
Cette rémunération est déductible des bénéfices de l'entreprise
Elle est imposée selon les règles applicables aux salaires, après déduction forfaitaire de 10% (ou frais réels).
En principe, les dirigeants ou associés qui perçoivent une rémunération en contrepartie de leur activité sont également soumis au régime social des salariés. Le versement de leur rémunération est donc soumis aux cotisations de ce régime (assurance-maladie, allocations familiales, etc.).
Toutefois, le dirigeant ou l'associé majoritaire ne paiera pas les cotisations d'assurance-chômage. En effet, les conditions exigées pour bénéficier d'un contrat de travail sont très restrictives. La plupart du temps, le dirigeant ou l'associé majoritaire n'est pas juridiquement considéré comme un salarié et ne peut donc bénéficier des prestations Assedic en cas de perte d'emploi
Dans les Sarl, les gérants majoritaires et les associés majoritaires qui perçoivent une rémunération sont soumis au régime des non-salariés et paient donc les cotisations sociales afférentes, aucune charge ne pesant à ce niveau sur l'entreprise. Il en est de même pour les gérants et associés des Eurl (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée).
Pour apprécier le caractère majoritaire, il faut tenir compte des parts détenues par les membres du foyer fiscal et des participations indirectes par le biais d'autres sociétés.
Dans les entreprises individuelles et les sociétés « transparentes » soumises à l'impôt sur le revenu (Société en nom collectif, Sarl de famille ayant opté pour l'IR, etc.), les rémunérations perçues par les associés, dirigeants ou non, ne sont pas déductibles du bénéfice de l'entreprise.
Le bénéfice, après réintégration de ces éventuelles rémunérations, est imposé directement entre les mains des associés, dans la catégorie correspondant à l'activité de l'entreprise (BIC, etc.) même si le bénéfice reste en réserve.
La part de bénéfice perçue est soumise aux cotisations sociales des non-salariés, l'entreprise ne supportant aucune charge sur ce plan. Mais naturellement, les charges payées par l'intéressé (gérant majoritaire, associé de SNC, etc.) sont déductibles de son revenu imposable.
Exemple : l'entreprise réalise 100 de bénéfice et le dirigeant paie 30 de charges sociales au titre de l'année précédente. Son revenu imposable sera de 70 (avant application des abattements). Et c'est sur ces 70 que seront calculées les charges sociales qu'il paiera l'année suivante.
L'entreprise paie un impôt de 15% sur la partie de son bénéfice inférieure à 38 120 euros, l'excédent étant taxé à 33,33%.
La suppression de l'avoir fiscal et du précompte aboutit à simplifier le processus. Une fois payé l'impôt, la société peut distribuer le bénéfice sous forme de dividende, imposé au barème progressif, après un abattement de 40%, puis un abattement de 1 525 euros (personne seule) ou 3 050 euros (couple).
Exemple schématique : une société réalise un bénéfice de 38 000 euros. Elle paie 5 700 euros d'impôt sur les sociétés et distribue le solde (32 300) à son associé unique. Son revenu imposable sera ensuite de (32 300 x 60%) 1 525 = 17 855 (sans tenir compte des prélèvements sociaux).
A compter de l’imposition des revenus de 2008, les personnes physiques peuvent opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire à la source au taux de 18% (+ 11% de prélèvement sociaux). Cette option est exercée au moment du paiement des sommes concernées. Elle est exercée pour chaque encaissement et peut être totale ou partielle. Mais la partie ne faisant pas l’objet du prélèvement ne pourra pas bénéficier des abattements ci-dessus.
Comme il s'agit de revenus du patrimoine et non d'une activité professionnelle, aucune charge sociale n'est due sur le dividende perçu (exception faite de la CSG et de la CRDS).
Sur le plan strictement financier, le meilleur statut fiscal et social pour créer et développer une entreprise est celui de non-salarié (entrepreneur individuel, associé de SNC, gérant majoritaire, etc.). C'est ce qu'affirment les experts, aujourd'hui unanimes, et ce qu'enseignent les simulations chiffrées, notamment celles qui figurent sur le site de la Canam (www.canam.fr). Si une entreprise dégage 100 de bénéfice, mieux vaut que ces 100 soient perçus par un non-salarié qu'affectés à la rémunération d'un assimilé salarié (gérant minoritaire de Sarl, etc.).
Il n'existe pas de formule idéale dans l'absolu. Tout dépend des objectifs et des contraintes de chacun. Mais il est certain que, dans une perspective strictement financière d'enrichissement individuel, les revenus soumis au régime social des non-salariés sont avantagés par rapport aux salaires, qui supportent de lourdes cotisations, ou aux dividendes, qui sont surimposés.
Réalisé en collaboration avec des professionnels du droit et de la finance, sous la direction d'Eric Roig, diplômé d'HEC