Le décès du titulaire d'un contrat d'assurance-vie entraîne le versement de l'épargne aux bénéficiaires désignés. Mais qu'en est-il quand c'est le conjoint du titulaire qui décède et que le contrat a été alimenté avec des
biens communs ?
Les époux séparés de biens
La situation des époux mariés sous le
régime de la séparation de biens est claire puisqu'il n'existe pas, en principe de biens communs et que chacun est propriétaire des biens achetés avec ses
biens propres.
Au décès d'un des conjoints, la succession est donc uniquement constituée de biens propres et traitée selon les règles en vigueur.
Si un des conjoints souscrit un contrat d'assurance-vie, les primes versées proviendront, en principe, de biens propres.
- Au décès du titulaire, l'épargne accumulée sera versée, hors succession, aux bénéficiaires désignés au contrat. En franchise fiscale s'il s'agit du conjoint survivant, après paiement éventuel du prélèvement de 20% s'il s'agit des descendants.
- Au décès du conjoint du titulaire, la succession de ce dernier sera traitée selon les règles de droit commun.
Les époux mariés sous le régime de la communauté
La situation des conjoints mariés sous le régime de la communauté est plus complexe puisqu'il existe à la fois des biens communs et des biens propres.
Au décès d'un des conjoints, la succession du défunt se compose :
- de ses biens propres
- de la moitié des biens communs, l'autre moitié étant la propriété du conjoint survivant.
Contrat d'assurance-vie alimenté avec des biens propres
L'épargne accumulée sur ce contrat relève du droit successoral en matière d'assurance-vie. L'épargne accumulée sera versée, hors succession, aux bénéficiaires désignés au contrat. En franchise fiscale s'il s'agit du conjoint survivant, après paiement éventuel du prélèvement de 20% s'il s'agit des descendants.
Contrat d'assurance-vie alimenté avec des biens communs
Il s'agit ici d'un contrat d'assurance-vie souscrit par un des époux et alimenté avec des biens communs, par exemple en provenance d'un compte-joint.
Au décès d'un des époux, il y a donc dissolution de la communauté et répartition des biens communs.
Sur le plan successoral, la situation est claire si c'est le titulaire du contrat qui décède en premier. Dans ce cas, le contrat est "dénoué" et l'épargne accumulée est traitée selon les règles de l'assurance-vie : elle est versée hors succession aux bénéficiaires désignés.
Si c'est le conjoint du titulaire qui décède, en revanche, la
communauté conjugale est dissoute (comme pour un divorce) mais le contrat n'est pas dénoué puisque le titulaire est toujours en vie.
Cette situation faisait l'objet d'un certain flou juridique jusqu'à une réponse ministérielle en date du 29 juin 2010 (Rép. Bacquet, Joan, N°26231).
La valeur de rachat d'un contrat non dénoué souscrit avec des biens communs fait partie de l'actif de la communauté conjugale : la moitié de cette valeur de rachat demeure la propriété du titulaire du contrat, l'autre moitié faisant partie de la succession du défunt.
Ce dernier n'étant pas titulaire du contrat d'assurance-vie, 50% de la valeur de rachat est donc soumis aux droits de succession de droit commun.
Ce qui ne change rien pour le conjoint survivant, qui est exonéré de droits depuis la Loi Tepa. En revanche, les autres héritiers, et notamment les descendants devront payer des droits de succession sur la moitié de la valeur de
rachat du contrat.
Réalisé en collaboration avec des professionnels du droit et de la finance, sous la direction d'Eric Roig, diplômé d'HEC
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ericRg -
Dernière mise à jour le 21 juillet 2010 à 14:59 par ericRg