Donner des biens à un enfant mineur

Dernière mise à jour le 8 avril 2008 à 18:50 par ericRg
Publié par ericRg
Un enfant mineur peut aussi recevoir des biens. Leur gestion obéit à des règles particulières.

Les parents les plus prévoyants, et parfois les grands-parents, préparent toujours leur succession en transmettant une partie de leur patrimoine de leur vivant. Mais la plupart du temps, ces donations interviennent alors que les enfants sont déjà largement majeurs, voire eux-mêmes âgés.
Question : n’est-il pas possible d’anticiper encore davantage et de consentir des donations quand les enfants sont encore mineurs ? C’est une solution intéressante quand les patrimoines sont importants ou encore quand les parents sont beaucoup plus âgés que les enfants.

La capacité juridique de l’enfant
Un mineur ne dispose pas de la capacité juridique, c’est-à-dire qu’il ne peut pas contracter en son nom propre. Mais il peut parfaitement recevoir des biens. Il est fréquent de voir des mineurs hériter de leurs ascendants ou de proches parents, et la donation, même si elle est plus rare, est parfaitement légale.
Le mineur étant “incapable” sur le plan juridique, c’est son représentant légal qui acceptera la donation ou l’héritage.
Un mineur ne peut être commerçant avant l’âge de 18 ans. Mais il peut parfaitement être associé d’une Sarl, d’une société anonyme, voire même d’une société civile.
Quand un mineur reçoit des biens, c’est au représentant légal d’effectuer les déclarations nécessaires auprès des services fiscaux et de payer les éventuels frais, taxes et impôts.


L’administration légale

L’administration légale pure et simple
Quand les parents exercent en commun l’autorité parentale, ils exercent aussi l’administration légale des biens du mineur.

L’administration légale sous contrôle judiciaire
Quand un seul des parents exerce l’autorité parentale (décès, divorce, etc.), l’administration des biens a lieu sous le contrôle du juge des tutelles.
Si les intérêts de l’enfant et du parent sont en opposition, celui-ci doit demander au juge la nomination d’un administrateur provisoire, chargé de représenter l’enfant dans l’opération concernée.
La gestion d’un bien peut parfois être assurée par un tiers. C’est le cas quand on transmet un bien par donation ou testament à un mineur en demandant que ce bien soit géré par une personne nommément désignée.


La tutelle
Quand les deux parents sont décédés ou déchus de l’autorité parentale, ou encore quand l’enfant n’a ni père, ni mère légitime, la gestion des biens est confiée à un tuteur.
Celui-ci est désigné par le juge des tutelles en fonction des dernières volontés des parents ou de l’existence d’un ascendant encore en vie. A défaut, il nomme un tiers compétent, en accord avec le “conseil de famille”. Cette institution comprend quatre à six membres, choisis par le juge parmi les parents et amis de l’enfant.

La gestion des biens
Dans le régime de l’administration légale pure et simple, les deux parents gèrent librement les biens du mineur. Ils doivent toutefois demander l’autorisation du juge des tutelles dans plusieurs cas précis : vente d’un immeuble ou d’un fonds de commerce, emprunt, renonciation à un droit (succession, etc.) et partage amiable de succession.
Pour les actes importants (vente, achat, acceptation de donations, etc.), l’accord des deux parents est nécessaire, avec arbitrage du juge en cas de différend.
Pour les actes de gestion courante, l’un des parents peut agir seul, notamment vis-à-vis des tiers.
Dans le régime de l’administration sous contrôle judiciaire ou de la tutelle, le représentant légal ne peut agir seul que pour les actes de gestion courante : dépenses d’entretien, de réparation, d’éducation, déclarations fiscales, ventes de petit mobilier, acceptation de donation ou succession sans charges, etc.
Pour tous les autres actes, l’autorisation du juge ou du conseil de famille est nécessaire : ventes, emprunt, etc.
Pour que le conseil de famille ou le juge puisse apprécier les actes du représentant légal, le parent survivant ou le tuteur doit dresser au préalable un inventaire des biens de l’enfant et rendre compte chaque année de sa gestion.

Les revenus des biens
n Les parents ont la “jouissance légale” du patrimoine de l’enfant, quelle que soit la nature des biens. C’est-à-dire qu’ils peuvent en percevoir les revenus, comme des usufruitiers, jusqu’à ce que le mineur atteigne l’âge de 16 ans.
Seuls les revenus du travail du mineur lui appartiennent en propre. Les parents ont alors l’obligation de les capitaliser sans en profiter personnellement.
Meilleures réponses pour « Donner des biens à un enfant mineur » dans :
Déclaration séparée pour les enfants mineurs Voir Disposition peu connue mais parfaitement légale : un enfant mineur peut faire une déclaration séparée s’il perçoit des revenus de son travail ou de son patrimoine. Quand le foyer fiscal dispose de revenus complémentaires tirés de logements...
Obligation alimentaire et pension entre parents et enfants VoirL’obligation alimentaire est imposée par le Code civil. Et ne concerne pas seulement les enfants mineurs en cas de divorce. Le point sur les droits et devoirs de chacun. Rappelons au préalable que l’obligation alimentaire imposée par la loi (article...
Placements et argent : les droits des enfants mineurs VoirL’incapacité juridique Presque tous les types de placement peuvent être ouverts au nom d’un mineur. Il en est de même pour les comptes-titres, les comptes bancaires classiques et les livrets et plans d’épargne-logement. Seuls les livrets d’épargne...
Changement de nom des enfants mineurs VoirIl existe deux voies permettant le changement de nom des enfants mineurs. L'une, ouverte à tous les parents, résulte de la procédure administrative de changement de nom prévue aux articles 61 et suivants du code civil. Le changement de nom est alors...
Déduction des pensions alimentaires versées aux enfants VoirPensions versées pour les enfants mineurs Les pensions versées pour l'entretien des enfants mineurs ne sont déductibles du revenu global qu'en cas de divorce ou d'imposition séparée et seulement pour les enfants dont le contribuable n'a pas la...
Sarl de famille : statut et régime VoirDans certaines conditions, la sarl de famille peut présenter une réelle opportunité pour le dirigeant d'entreprise. Le point sur ses avantages, trop méconnus. En principe, les sociétés sont assujetties soit à l'impôt sur les sociétés (Sarl...
Impôt sur le revenu : les personnes à charge VoirIl s'agit des personnes, autres que le contribuable et son conjoint, qui sont rattachées au foyer fiscal. Leurs revenus sont ajoutés à ceux du contribuable et de son conjoint, l'ensemble faisant l'objet d'une déclaration commune. Enfants Mineurs Les...