Bonjour,
Je vous comprends et vous avez raison : s'il y a eu des coupes abusives, cela dévalorise le bien.
La définition de l'usufruit est claire :
"Dès l'entrée en jouissance, il [l'usufruitier] a le droit d'user de la chose et d'en percevoir les fruits.
En échange, il doit :
conserver la substance de la chose ; maintenir sa destination ; l'entretenir en bon état [...] ; restituer la chose en fin d'usufruit."
Mais, "L'usufruit peut cesser par l'abus que l'usufruitier fait de sa jouissance [...]" (Art 618 du Code civil).
Cependant, c'est à la justice de déterminer si l'abus est tel qu'il justifie la déchéance de l'usufruit.
Ceci est le droit, facile à dire et surtout de loin. Mais il y a la réalité : imaginez le recours aux experts, contre-experts (pas gratuits...) avocats, médiateur, tribunal et le tout dans la famille...
Alors, comment faire ? Y a-t'il possibilité de réunir les membres concernés (et uniquement eux) de la famille et ainsi exposer calmement à votre mère que l'exploitation abusive de cette forêt vous a causé un préjudice important et qu'il y a lieu de compenser ce préjudice ?
Autre piste : votre mère n'a-t'elle pas répondu trop facilement au chant, non des sirènes mais des tronçonneuses d'un scieur peu scrupuleux ?
Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est qu'un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès ! Et sans parler des dégâts collatéraux dans la famille.
Un dernier point pour l'avenir : nous nous sommes retrouvés dans la même situation (enfin, sans la coupe) de nus-propriétaires. Notre mère et nous (ainsi que quelques voisins) avons décidé de confier la gestion de nos forêts à l'ONF qui procède aux coupes, plantations, entretien, moyennant un coût modéré. Depuis 10 ans et malgré la tempête de 1999, notre mère perçoit un petit revenu annuel (plus quelques avantages fiscaux).
Je ne sais pas si j'ai répondu à votre question...
Cordialement.