Bonjour,
je vais essayer de répondre le plus clairement possible à vos préoccupations.
1°) La possibilité du prêt : oui, c'est faisable, même sans passer devant le notaire et même sans intérêt. Il faut rédiger une reconnaissance de dette qui mentionne l'utilisation des fonds (facultatif) et surtout l'obligation au remboursement et ses modalités. Incluez un échéancier mensuel précis et complet sur toute la durée du contrat (dates de paiement, montant et capital restant dû). Cette reconnaissance de dette devra être enregistrée par le prêteur auprès des services fiscaux.
2°) L'obligation de déclaration : oui, il faut déclarer le prêt aux impôts, mais pas dans le cadre de la déclaration de revenus car il n'y a pas d'intérêts, donc pas de "revenus". Justement, la déclaration du prêt a pour but de justifier que les sommes perçues tous les mois sont les remboursements du capital prêté (le capital n'étant pas taxé à l'IR). La "publication" de la reconnaissance de dette permettra d'établir cette preuve en cas de problème avec le fisc.
3°) Sur le remboursement : l'âge n'est pas en soi un obstacle à cette opération, mais attention à vous ! En effet, si le décès intervient assez rapidement, la succession va être titulaire d'une créance à votre encontre et pourra vous demander le remboursement anticipé du prêt. Vous pouvez éviter cela en obligeant la succession à respecter les échéances du prêt par une clause testamentaire. Le prêteur rédige un testament qui indique l'existence du prêt, la reconnaissance de dette, la date de l'opération, le numéro d'enregistrement et qui précise que le décès ne met pas fin au contrat mais oblige au contraire les héritiers à respecter le remboursement et l'échéancier prévus.
4°) En cas de contrôle : si les paiements sont réels et effectifs, ça devrait suffire. Le mieux est de reprendre l'échéancier inclus à la reconnaissance de dette et d'y ajouter une case "paiement" dans la quelle le prêteur indiquera la date et le moyen de paiement utilisé et signera tous les mois. C'est vous qui conserverez cet échéancier signé au fur et à mesure de l'avancement du prêt.
En revanche, la situation risque d'être plus délicate vis à vis des éventuels héritiers de cette personne qui n'hésiteront sans doute pas à voir dans ce prêt une donation déguisée. Sur ce plan, vous risquerez alors d'être assujetti, après coup, aux droits de donation. Mais le jeu en vaut peut-être la chandelle.
Dernière chose, vu l'âge avancé de la personne, je vous conseille de réaliser tout ceci devant au moins deux témoins qui attesteront de la santé mentale du prêteur et de ce qu'il a signé sans aucune espèce de contrainte d'aucune sorte. Choisissez des personnes "extérieures" telles que voisins ou amis du prêteur, évitez des gens qui seraient trop proches de vous.
Cordialement