A tous les locataires victimes des abus de pouvoir des propriétaires.
Tout congé doit être motivé : reprise pour habiter, vente, impayés ou troubles sérieux de voisinage.
Même pour les meublés, on ne peut plus reprendre un logement pour le laisser inoccupé ou vide. La reprise signifie en jurisprudence qu'il faut habiter ensuite le lieu. Et si un contrat précise parmi les motifs de reprise celui de l' "habiter", il faut le préciser dans la lettre de congé.
Une jurisprudence de la Cour d'Appel de Paris, 4e chambre, en date du 29 mars 2011, est rappelée par Jurisclasseur (au chapitre « Fin du bail », alinéa 44 intitulé « Option du bailleur ») : avant 2005, le congé pour meublés était motivé « sans plus de précision », mais « La loi du 18 janvier 2005 est par la suite venue préciser que le bailleur ne peut donner congé que pour trois motifs qui sont les mêmes que ceux prévus dans le cadre de la loi du 6 juillet 1989 à savoir : - le congé pour habiter (...) ». (Source : Béatrice Vial-Pedroletti, JurisClasseur, Bail à Loyer. Fasc. 540. Locaux meublés cote 05 2011, date de fraîcheur : 21 juin 2011, Jurisdata : 2011-005209, www.lexisnexis.com)
Sur le site de rédaction de contrats de référence http://www.tissot.fr/faq.php on peut lire :
« 29. Quelles sont les obligations de formalisme qui entourent le contrat de location meublée ?
4. Et le refus de renouvellement par le bailleur doit être motivé par son désir soit de reprendre le logement pour l'habiter, soit de le vendre, soit pour un motif légitime et sérieux.... »
Idem ici : http://www.tissot.fr/article.php?articleId=ILC-338 (ILC-338 CONTRAT DE LOCATION MEUBLEE HORS LOI DU 6 07 89)
ou ici : http://www.tissot.fr/locations/location-pour-locaux-d-habitation/baux-pour-location-meublee-ou-exclue-de-la-loi-du-06-07-89/contrat-pour-meubles-triplicata-format-a3.shtml.
Sur les meublés depuis 2005, voir aussi le journal officiel du Sénat, (http://www.senat.fr/questions/base/2005/qSEQ050215798.html) :
« Réponse du Ministère délégué au logement et à la ville publiée dans le JO Sénat du 28/04/2005 - page 1213 (...)
La loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale a généralisé des dispositions existantes encadrant la location de logements meublés et destinées à apporter une protection aux locataires. (...) Le non-renouvellement du bail par le propriétaire doit être motivé par la décision de vendre ou de reprendre le logement pour l'habiter, ou par un autre motif légitime et sérieux ».
On ne reprend donc pas un logement pour passer quelques minutes dans un logement par jour. Autrement, si le locataire l'accepte, il laisse passé un abus. Il pourra certes toujours prouver après que personne n'y habiter pour de bon, par huissier, photo ou vidéo datées de boîte au lettres,
Selon une jurisprudence de la Cour d'Appel de Nîmes du 21 avril 2011 à propos d'un congé frauduleux, (ch. civile, 10/01853) "la fraude est caractérisée lorsqu'il est établi que l'intention véritable du bailleur est d'évincer le locataire pour un motif autre que la reprise aux fins d'habitation". Une incompatibilité d'humeur n'est évidemment pas un trouble sérieux de voisinage.
La nullité est prononcée "en vertu du principe général selon lequel la fraude corrompt tout".