Alors dans le contexte socio-éducative et policaut-mondiale nous nous trouvons en crise économique:
Principales caractéristiques de la crise financière
1. Le retournement du marché immobilier américain en 2007 et la hausse des défauts de paiements des ménages endettés ont accentué les fragilités du système financier, brutalement révélées par plusieurs événements en septembre 2008 : faillite de Lehman Brothers, rachat de Merril Lynch par la Bank of America.
La Fed est intervenu massivement, notamment pour faire face à l'assèchement des liquidités sur le marché interbancaire.
Un plan de sauvetage (prise en charge par l'Etat de tout ou partie des actifs douteux) a été négocié avec le Congrès adopté le 3 octobre, puis réorienté le 12 novembre (renonciation au rachat d'actifs toxiques au profit de rachat direct d'actions des banques -jusqu'à hauteur de 250 milliards de dollars-, extension du plan de sauvetage aux crédits liés aux cartes de crédits, aux crédits automobiles et aux prêts étudiants).
2. Les causes de cette crise ont fait l'objet de nombreuses analyses : croissance excessive et non régulée du marché des crédits hypothécaires à risque aux Etats-Unis (subprimes), elle-même résultant de l'endettement croissant des ménages Américains favorisé par la politique monétaire expansionniste de la Réserve fédérale des Etats-Unis et l'abondance des liquidités au niveau international ; mécanisme de titrisation de ces créances par le biais de produits financiers complexes logés hors du bilan des banques et disséminés dans le monde entier ; défaillances graves de la régulation financière, de la détection des risques (agences de notation) et des mécanismes d'alerte.
3. Cette crise, dont l'épicentre se situe aux Etats-Unis et non dans les pays émergents comme ce fut le cas dans les années 1990, a suscité un choc de confiance considérable sur l'ensemble des marchés financiers. Elle constitue un nouvel épisode des graves turbulences ouvertes à l'été 2007 (faillite de deux fonds spéculatifs de la Banque Bear Stearns), qui se sont diffusées dans tout le système financier international. Les Bourses se sont, à partir du lundi 15 septembre, effondrées, mettant en péril l'ensemble du système financier. Une nouvelle chute, de très grande ampleur, s'est produite à partir du 6 octobre (-3,5% à New York, -9% à Paris, -7% à Francfort ; -6% en Asie ; -19% à Moscou), se prolongeant par paliers pendant toute la semaine.
En dépit d'un ressaisissement temporaire à la mi-octobre suite aux annonces relatives aux différents plans de sauvetage des banques, la situation sur les marchés boursiers mondiaux a continué à se dégrader à moyen terme et est restée extrêmement volatile, les opérateurs de marché anticipant les effets du choc financier pour l'économie réelle.
4. La crise s'est, à partir de septembre 2008, étendue au secteur bancaire européen : sauvetage en urgence de Fortis et Dexia, de la banque bavaroise Hypo Real Estate (après la banque IKB), nationalisation de la banque britannique Bradford et Bingley (après celle de la Nothern Rock), difficultés de la banque italienne Unicredit et des banques irlandaises (annonce d'une garantie illimitée du gouvernement sur les dépôts de six banques), nationalisation partielle des plus grandes banques britanniques, pour une valeur de 50 milliards de livres (65 milliards d'euros).
Devant l'ampleur de la crise de liquidité (quasi-paralysie des prêts interbancaires) et des risques pesant sur la solvabilité des acteurs financiers, un plan européen massif a été adopté le 12 octobre 2008 (réunion de l'euro-groupe) avec une déclinaison nationale : 1700 Mds d'euros ont été mobilisés, dont 360 Mds en France, comprenant des fonds destinés à la recapitalisation des banques en difficultés et une garantie publique sur les prêts interbancaires.
En France, deux structures ont été créées :
- une société de prise de participations de l'Etat (SPPE) chargée de recapitaliser les banques à hauteur de 40 Mds d'euros ;
- une société de refinancement, détenue à 66% par les banques et à 34% par l'Etat, est chargée d'assurer le refinancement à moyen terme des banques dans une limite de 320 Mds d'euros.
Par ailleurs des mesures de soutien à l'activité économique ont été prises : exonérations de taxe professionnelle pour les nouveaux investissements, création d'un fonds stratégique d'investissement français, mesures spécifiques PME pour 22 Mds d'euros ou pour les collectivités locales à hauteur de 5 Mds d'euros. Enfin des mesures en faveur de l'emploi ont été adoptées (extension du contrat de transition professionnelle, hausse de 100 000 emplois aidés, guichet unique pour les demandeurs d'emploi).
5. L'impact de la crise est multiple et a appelé plusieurs niveaux de réponse :
- L'impact de la crise financière sur l'économie réelle et sa diffusion à l'ensemble du monde : les prévisions de croissance du FMI pour 2009, révisées le 6 novembre, mettent en lumière le freinage brutal de la croissance mondiale, cette dernière étant quasi exclusivement tirée par les pays en développement, en particulier asiatiques (prévisions du FMI en 2009 : -0,3% pour les pays développés , 5,1% pour les pays en développement ).
Le commerce mondial devrait également connaître un freinage brutal (+2,1% en 2009 contre +9,4% en 2006) et le chômage augmenter fortement (+20 millions en 2009, pour un total mondial de 200 millions selon le BIT). En conséquence, plusieurs pays ont adopté des plans de relance (par exemple 455 Mds d'euros pour la Chine) jusqu'à la fin 2010 ou envisagent de le faire (Etats-Unis après la victoire de Barack Obama avec 800 Mds envisagés pour 2009-2010).
Un plan communautaire pour la relance économique a été présenté par la Commission européenne le 26 novembre 2008 (proposant que les États membres et l'UE s'accordent sur une impulsion budgétaire immédiate de 200 milliards d'euros soit 1,5 % du PIB). La possibilité d'une relance concertée en utilisant les marges budgétaires de certains pays (Allemagne , Japon, Chine notamment) est au centre de l'attention.
- Les risques de déstabilisation des pays présentant des fragilités macro-économiques et financières : les retraits de capitaux internationaux et la fuite vers les « devises-refuges » (dollars, yen, franc suisse) mettent sous pression les devises de plusieurs pays émergents (ce qui a pour effet de gonfler leur dette, souvent libellée en dollars, et ce qui conduit leurs banques centrales à augmenter leurs taux directeurs pour défendre leur monnaie, au risque d'étouffer l'économie) et mettent en péril l'équilibre de leur balance des paiements (notamment pour les pays disposant de faibles réserves de change).
Le FMI a en conséquence été conduit à intervenir en urgence à partir de la mi-octobre 2008 : l'Islande a ainsi obtenu le 24 octobre un prêt de 2,1 Mds de dollars (premier pays européen dans ce cas depuis 1976), dont les modalités restent en discussion, suivie par l'Ukraine (prêt de 16,5 Mds de dollars annoncé le 26 octobre) et la Hongrie le 28 octobre (prêt de 12,5 Mds de dollars du FMI, de 1 milliard de la Banque mondiale, de 6 Mds d'euros de la commission européenne au titre du mécanisme d'assistance financière à moyen terme). L'octroi d'un prêt-relais de 7,6 milliards de dollars au Pakistan a été annoncé le 16 novembre 2008. La situation financière d'autres Etats restait fragile en novembre, avec des discussions engagées avec le FMI ou des mesures de soutien en cours de décision.
Pour faire face à ces nouvelles obligations, la question des ressources du FMI (environ 250 milliards de dollars) est au centre de l'attention (le Japon annonçant de son côté le 13 novembre sa disponibilité à apporter 106 milliards de dollars).
- A moyen et long terme, l'impact de la crise pour les pays en développement les plus pauvres et les plus vulnérables : ces derniers sont susceptibles d'être victimes d'un « effet de ciseaux » entre, d'un côté, une réduction des flux de financement (tensions sur les volumes d'aide publique au développement, les flux entrants d'investissements directs à l'étranger et les transferts des migrants , réduction des recettes d'exportation), et, de l'autre, la nécessité de prévoir des « filets sociaux » pour les secteurs et populations les plus affectés.
La situation des pays exportateurs de pétrole n'apparaît quant à elle guère plus favorable (baisse du prix du baril de 147 dollars à moins de 50 dollars en quatre mois en dépit de la stratégie de l'OPEP visant à diminuer son offre de 1,5 Mb / jour selon la décision prise en octobre), ce qui met en péril l'équilibre budgétaire de plusieurs d'entre eux.
Une activité diplomatique intense pour enrayer la crise
1. De nombreuses réunions internationales ont été consacrées à la crise financière : au niveau européen d'abord avec, le sommet en format « G4 » le 4 octobre (membres européens du G8 + commission + BCE + Président de l'eurogroupe), le Conseil Ecofin (7 octobre) , le sommet des pays de l'eurozone (12 octobre) ; Conseil européen (15 et 16 octobre) ; sur le plan international le G7-finances (10 octobre), précédant les Assemblées annuelles FMI/Banque mondiale (11-12 octobre) ; ; sommet de l'ASEM (Pékin, 24-25 octobre) ; Conseil Ecofin du 3 novembre précédant un Conseil européen exceptionnel le 7 novembre ; G20 finances à Sao Paolo les 8 et 9 novembre (présidence du Brésil, avant le Royaume-Uni en 2009) ; les Nations Unies se sont également mobilisées : débat le 30 octobre à l'AGNU à l'initiative du Père d'Escoto (Nicaragua) avant un débat du même type à la CNUCED le 13 novembre , Conférence de Doha sur le financement du développement (27 novembre au 2 décembre), dont le SGNU a souligné l'importance sur les « questions systémiques » .
2. Plusieurs éléments clés ressortent de la mobilisation de la communauté internationale pendant l'automne 2008 :
- Adoption de mesures d'urgence coordonnées par les Etats et les banques centrales, autour de quatre grandes familles de mesures : rachat d'actifs toxiques par les Etats (plan Paulson), recapitalisation des banques en difficultés (nationalisations partielles ou totales), garantie publique sur les prêts interbancaires pour répondre à la crise de liquidité, garantie publique des dépôts bancaires des particuliers ;
- Lancement de travaux sur les sujets de régulation (normes comptables, harmonisation des règles en matière de garantie de dépôts, transparence et sécurité des opérations sur les marchés dérivés de crédits, agences de notation, rémunération des dirigeants, centres financiers off shore...) ;
- Baisse concertée des taux directeurs des grandes banques centrales (baisse de 50 points de base des taux directeurs de 6 banques centrales le 8 octobre, nouvelle baisse des taux de la Fed fin octobre à 1%, baisses successives de la BCE dont la dernière (15 janvier 2009), ramène son taux directeur à 2 %) et injections régulières de liquidités en faveur des banques commerciales ;
- Consensus croissant sur une remise à plat de l'architecture financière internationale (même si le niveau d'ambition des membres du G20 est variable) et pour discuter des questions de gouvernance économique (rôle du FMI, du forum de stabilité financière, des enceintes type G7/G8/G13/G14/G20, de l'articulation ONU / institutions de Bretton Woods...).
Le Sommet sur les marchés financiers et l'économie mondiale et ses suites
Le principe d'un sommet au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, destiné à tirer ensemble les leçons de la crise financière, avait été proposé par le Président de la République à l'Assemblée générale des Nations unies dès septembre 2008. Cette proposition a reçu le soutien des pays européens et des pays du G8 (déclaration du 15 octobre). Le 18 octobre, à Camp David lors d'une rencontre avec le Président de la République et le Président de la commission européenne, le Président Bush a donné son accord sur une "série de sommets" au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, dont le premier se tiendrait aux Etats-Unis après les élections américaines, en vue de faire le bilan des mesures d'urgence déjà prises et de définir les principes d'une réforme plus globale de l'architecture financière internationale.
Le sommet s'est déroulé le 15 novembre 2008 à Washington en format « G20 », c'est à dire avec les pays du G8, la Présidence du Conseil de l'Union européenne et 11 grands pays émergents, soit trois pays latino-américains (Mexique, Brésil, Argentine), un pays africain (Afrique du sud), cinq pays de la zone Asie-Pacifique (Chine, Corée, Inde, Indonésie, Australie), ainsi que l'Arabie saoudite et la Turquie. Le secrétaire général des Nations Unies, le Président de la Banque Mondiale, le Directeur général du FMI et le Président du Forum de stabilité financière (Mario Draghi) y ont également participé, ainsi que l'Espagne. Ce format « G20 » au niveau des leaders est une « première » (pour mémoire, le G20, issu en 1999 de la crise asiatique de 1997-98 ne s'était jusque là réuni qu'au niveau des ministres des finances selon un rythme annuel).
Les objectifs de ce premier sommet étaient notamment :
- de passer en revue, en fonction de la situation, les mesures déjà prises ;
- de dégager une compréhension commune de ses causes ; - de définir les principes devant guider les réformes dans le domaine de l'architecture et de la régulation financière ;
- de discuter des conséquences de la crise pour les pays émergents et en développement.
Des groupes de travail se verraient ensuite confier des mandats précis en vue des sommets suivants. Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, avait fin octobre mis en avant un plan d'action en cinq points comprenant la mise en place de nouveaux instruments du FMI (nouvelle "facilité" de financement destinée à répondre aux problèmes de liquidité), une augmentation de ses ressources et un renforcement de son rôle de prévention et d'alerte. Le Président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, avait pour sa part appelé à une nouvelle gouvernance économique internationale, à géométrie variable, associant le G8 et les pays émergents.
Les membres européens du G8 ont montré leur capacité à peser collectivement sur cette rencontre, en portant les propositions définies par le Conseil européen :
- soumettre les agences de notation à un enregistrement, à une surveillance ainsi qu'à des règles de gouvernance ;
- arrêter le principe d'une convergence des normes comptables ;
- décider qu'aucun segment de marché, aucun territoire, aucune institution financière n'échappe à une régulation proportionnée et adéquate ou au moins à la surveillance ;
- mettre en place des codes de conduite pour éviter la prise de risque excessive dans l'industrie financière ; - confier au FMI la responsabilité première de recommander les mesures nécessaires pour restaurer la confiance et la stabilité.
Les Européens ont appelé, enfin, à appréhender la réforme du système financier international dans le cadre plus vaste des défis du XXIème siècle : sécurité alimentaire, lutte contre la pauvreté, changement climatique, promotion du libre échange à travers l'achèvement rapide du cycle de Doha. Ces propositions ont en partie été reprises par le G20 finances, réuni à Sao Paulo les 8-9 novembre. Ce dernier s'est engagé à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour restaurer une confiance ébranlée dans les marchés et pour donner une plus grande voix aux pays en développement dans les affaires économiques mondiales.
Le sommet de Washington a permis d'établir un consensus autour d'un diagnostic et d'une ligne d'action commune contre cette crise mondiale :
- La gravité de cette crise, qui se traduit par un ralentissement économique généralisé, appelle une réponse commune de la part des principales économies du monde ;
- Cette réponse repose sur quatre principes :
* relance coordonnée et concertée par l'utilisation de mesures budgétaires de soutien de la demande et la mobilisation d'une aide accrue pour les pays émergents et en développement :
* nouvelle régulation des marchés financiers, pour éviter qu'une telle crise puisse se reproduire. Plus de régulation ne signifie pas un excès de réglementation qui aurait pour seul effet de paralyser le système ;
* gouvernance économique mondiale plus ouverte aux pays émergents et en développement, pour plus de justice et d'efficacité ;
* refus du protectionnisme et le choix d'une monde ouvert aux échanges.
- Le prochain sommet, dont la préparation est engagée, doit se tenir le 2 avril 2009 à Londres, avec deux objectifs :
* Faire le bilan du plan d'action adopté le 15 novembre pour une nouvelle régulation des marchés financiers ;
* Débattre de la nouvelle architecture économique internationale et de la question de la relance.
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il me reste que 2jours pour rendre ce travaille, aidez moi svp
merci