Bonsoir,
Je ne suis pas du même avis qu'Uldrich. Et j'ai bien peur que vous n'ayez aucun droit sur ce bien.
De son vivant, votre défunt mari a donné la nue-propriété à ses enfants, en se réservant l'usufruit. A son décès, l'usufruit se consolidant avec la nue-propriété, ce bien échappe à son patrimoine successoral.
A moins qu'une clause de réversion de l'usufruit à votre profit ait été stipulée dans l'acte, vous ne pouvez pas prétendre à en être bénéficiaire.
L'article 764 du code civil n'a pas vocation à s'appliquer également. Il prévoit expressément que le logement doit appartenir soit aux deux époux (ce qui n'est pas le cas, l'usufruit était propre à votre époux), soit intégralement au défunt.
Or, le bien n'appartenait plus au défunt du fait de la donation. Il appartenait aux enfants du défunt qui avait un droit de propriété "limitée".
Idem, vous ne pouviez bénéficier du droit temporaire de jouissance gratuite du logement (pendant un an), puisque pour en bénéficier, il est obligatoire que le logement dépende totalement de la succession du défunt.
Or, une fois de plus, l'usufruit s'éteignant au décès, le bien échappe à la succession.
C'est la raison pour laquelle, les enfants étaient en droit de changer les serrures et de vous empêcher de pénétrer dans la maison au jour du décès.
En définitive, et malheureusement, la vente qui a été faite sans vous est valable et le prix de vente doit être réparti entre les seuls enfants de votre mari.
Cordialement