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Démission pour déménagement de société

alex35 - Dernière réponse le 6 mai 2009 à 08:40
Bonjour,
j'ai démissionné car ma société déménage et je ne souhaite pas la suivre. Puis-je toucher les assédics?
Merci bcp
alexandra
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Je suis d'accord avec Cornil. Voir ici cette analyse. Tu peux aller chercher les arrêts :

La première étape consiste à déterminer si votre contrat de travail dispose ou non d’une clause de mobilité.
A partir de la, deux hypothèses :
• En présence d’une clause de mobilité géographique
Le fait que l’employeur décide de faire exécuter cette clause de mobilité ne constituera alors pas une modification du contrat mais un simple changement des conditions de travail que le salarié ne saurait refuser sans être fautif.

Encore faut-il que la clause soit valide. Pour cela plusieurs conditions :

1/ Elle doit fixer un secteur géographique précis (tel que la mention de la France métropolitaine par exemple)

2/ Elle ne doit pas porter atteinte à la liberté fondamentale du salarié quant au libre choix de son domicile.

Cette notion a été rappelée récemment par la cour de cassation le 14 octobre 2008. L’employeur ne peut en aucun cas imposer au salarié un changement de résidence.

3/ La portée de la clause ne peut être étendue unilatéralement par l’employeur
Toute stipulation qui accorderait à l’employeur le droit de modifier seul le secteur géographique fixé par la clause est interdite.

Exemple dans un autre arrêt du 14 octobre 2008 : une clause prévoyait l’extension de la zone de mobilité d’une salariée lors de chaque implantation d’un établissement sur un territoire. Elle a été invalidée par la cour de cassation, considérant que cela privait la salariée de la possibilité de connaître avec précision l’étendue de la mobilité au jour de l’engagement.

4/ Elle ne doit pas entrainer la modification d’un élément du contrat de travail

Un troisième arrêt de la même date a énoncé qu’une clause entrainant modification du contrat ne pouvait être imposée par l’employeur au salarié.

Exemple : on ne peut imposer une mobilité entraînant une diminution de la partie variable de la rémunération contractuelle ou un passage d’un horaire de nuit à un horaire de jour et inversement.
Dans ces hypothèses, l’accord du salarié est toujours requis.

5/ La mise en œuvre de la clause ne doit pas être abusive

L’abus sera constitué soit parce que la mobilité a été prise pour des raisons étrangères à l’intérêt de l’entreprise, soit parce qu’elle a été mise en œuvre dans des conditions exclusives de la bonne foi contractuelle.

Exemple : après avoir été absente pendant prés de 4 ans en raisons de congé de maternité et parentaux, une salariée avait demandé à retrouver son ancien poste. Quatre mois après sa demande son employeur l’a informé qu’elle serait affectée dans une autre ville. Son refus entraîne alors son licenciement pour faute.
Le licenciement a été considéré comme sans cause réelle et sérieuse en raison de la mise en œuvre abusive de la clause. En effet, les juges ont admis le manque de diligence de l’employeur qui a proposé le poste trop tardivement compte tenu de la situation familiale de la salariée. De cette manière, l’employeur a contraint la salariée à refuser la mise en œuvre de la clause de mobilité.

6/ Elle ne doit pas porter atteinte à la vie personnelle et familiale sauf si c’est justifié et proportionné.

Sur l’utilisation d’une telle clause à des fins disciplinaires : les juges admettent cette pratique mais à la condition que la procédure disciplinaire soit respectée et que cette sanction soit proportionnée à la faute commise.

En l’absence de clause de mobilité


1/ Le changement de lieu de travail doit être apprécié de façon objective.

Les juges refusent en effet toute démarché subjective. Pour déterminer s’il y a modification du contrat ou non, on ne va pas prendre en considération le temps individuel de déplacement de chaque salarié. Ce qu’il faut apprécier c’est le déplacement entre l’ancien et le nouveau lieu de travail.

2/ Les juges doivent rechercher si le changement de lieu s’opère à l’intérieur d’un même secteur géographique ou non.

Dés lors que la mutation se fait au sein du même secteur géographique, l’employeur peut l’imposer.
Un secteur géographique est un espace au sein duquel un employeur peut raisonnablement imposer un minimum de mobilité. L’objectivation est poussée loin par la cour de cassation car elle prend le soin dans chaque arrêt de contrôler si la mutation a lieu dans un même secteur géographique.

Exemple : a été considéré que quand la mutation est faite au sein de la région parisienne c’est une mutation au sein du même secteur géographique. Raison : zone de transports routiers développés.
Mais dans un arrêt du 15 juin 2004, la cour de cassation a considérée que la mutation d’une salariée passant du 9ème arrondissement de Paris à Roissy constituait une modification du contrat de travail compte tenu de la desserte en moyens de transports. Alors même que les 2 lieux de travail se trouvaient dans une même zone géographique (région parisienne).
Les juges se fondent donc bien souvent sur la desserte en moyens de transports de chacun des lieux de travail.
Le salarié ne peut refuser la mobilité qui s’effectue dans un même secteur géographique. A défaut, il se verrait reprocher une inexécution du contrat de travail constitutive d’une faute disciplinaire.
Depuis 2006, ce n’est plus considéré par les juges comme une faute grave.

En résumé :

Exemples de changement de lieu de travail constituant un simple changement des conditions de travail en l’absence de clause de mobilité :
- la mutation dans un même secteur géographique
- le déplacement occasionnel ou temporaire quand la mobilité est inhérente aux fonctions du salarié

Constitue en revanche une modification du contrat :
- la mutation hors secteur géographique
- le fait d’imposer au salarié le travail à domicile

Attention : la mention du lieu de travail dans le contrat de travail a valeur informative sauf si une clause claire et précise mentionne expressément que le salarié exécutera son travail exclusivement sur ce lieu.

J'espère que ça t'aidera un peu.
Zyvou - 6 mai 2009 à 00:46
Nous disons d'une manière très différente des choses très semblables, ce qui est logique puisque les dispositions sont claires. L'interprétation ne situe pas au niveau des textes, que nous comprenons de la même manière, mais à celui de l'appréciation des conséquences du déménagement du lieu de travail de 10km.

En conclusion, les cas de figure sont les suivants :
- Wind fait part à son employeur de son refus, qui le considère comme légitime et procède à son licenciement pour refus de modification d'une clause du contrat
- Wind fait part à son employeur de son refus, qui ne le considère pas légitime et souhaite lui imposer le nouveau lieu de travail. Wind a alors (au moins) les 4 options suivantes : accepter, démissionner, rester chez lui, ou se rendre à son ancien lieu de travail (puisqu'il semble qu'il s'agisse d'un transfert partiel de l'entreprise), avec pour chacune ce qu'elle suppose de conséquences.
Cornil - 6 mai 2009 à 01:27
Bonsoir zyvou
Non, il me semble que nous différons sur l'analyse de ce cas.
1) si Wind refuse et que l'employeur en tire conséquence pour licencier , ce n'est pas sur la base d'une modification du contrat de travail, puisque l'employeur a le droit de modifier les conditions de travail , mais simplement sur la base du refus, pour raisons personnelles et familiales, admises dans ce cas par la jurisprudence, de cet accroissement de trajets. Le licenciement pouvant être motivé pour faute, mais non faute grave.
2) Si l'employeur refuse de donner suite à ce refus , Wind (en excluant l'hypothèse d'une démission explicite, qu'il refuse) me semble fondé à mettre en demeure l'employeur de poursuivre les conditions de travail antérieures sauf à prendre acte d'une rupture abusive par l'employeur pour non respect de bonne foi du contrat de travail (bien sûr en supposant que l'employeur cesse sa rémunération) . Il peut bien sûr se présenter, si le déménégement est partiel, à son ancien lieu de travail , cela ne ferait que renforcer sa position.
Mais on en est là à explorer des hypothèses sortant de la suite normale, conformément à la jurisprudence, d'un refus de suivre ce déménagement du lieu de travail.
La suite logique, normale, est dans ce cas un licenciement non motivé par faute grave.
Je n'ai rien dit d'autre, ni marcotxo.
Zyvou - 6 mai 2009 à 08:40
Je n'ai jamais parlé de licenciement pour faute grave, et ai toujours considéré que l'éventuel refus du nouveau lieu de travail par le salarié conduisait à un licenciement pour refus de modification des conditions du contrat.
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Bonsoir alexandra

ben, NON, désolé, cela ne fait pas partie des motifs de démission légitime retenus par les ASSEDIC.
Il eût mieux valu refuser de suivre , et soit attendre un licenciement , soit négocier une "rupture conventionnelle" (nouveau dispostif, ni licenciement, ni démission, ouvrant droit au chômage.
Peut-être ton employeur acceptera-t-il de revenir sur ta démission, mais cela m'étonnerait car celle-ci est "pain bénit" pour lui: pas d'indemnités à payer, pasde risques aux prud'hommes.
bon courage et bonne chance quand même.

Cornil :Vieux syndicaliste de droit privé, vieux "routier" bénévole du droit du travail, et des forums à ce sujet, mais qui n'y reste que si la discussion reste courtoise et argumentée. Les forums ne sont pas à mon avis un "SVP JURIDIQUE GRATUIT" ne méritant même pas retour, et doivent rester sur le terrain de la convivialité, ce qui implique à minima de saluer l'internaute qui y a répondu. Ingénieur informaticien de profession (en préretraite)
Zyvouwind - 3 mai 2009 à 00:08
Il faut savoir que le lieu de travail constitue un élément essentiel du contrat de travail : l'employeur ne peut donc pas le modifier comme ça. Maintenant, il y a modifier et modifier.
Il faudrait voir de plus près le contexte géographique (Région Parisienne ou pas, changement vis à vis des transports collectifs ou non, etc), car un déménagement de 10km n'est pas grand chose, je ne vois pas sur quel motif un salarié pourrait refuser de suivre sur une si courte distance, et ainsi obtenir un licenciement.
En tout cas, les 60km qui séparent actuellement le domicile du lieu de travail n'ont pas à rentrer en ligne de compte, car c'est le problème du salarié uniquement.
wind - 3 mai 2009 à 23:25
salut zyvou

merci d avoir repondu mon interrogation , je t avoue que je suis dans le flou le plus total , je te tiens au courant de la suite des " operations", car j ai des avis divergents ... j vais quand meme pas suivre ma societe au bout de la terre quand meme !! j aimerais bien avoir un avis de quelqu un qui est passer par la ....
Cornil - 3 mai 2009 à 23:48
Bonsoir "wind" , salut Zyvou.

Bon , quoi qu'il en soit, le refus d'un salarié de suivre un transfert géographique de lieu de travail ne peut jamais être traité comme une démission. En l'état actuel de la jurisprudence. Bien sûr le MEDEF tente de la modifier, mais c'est loin d'être fait!
Il ne s'agit pas donc d'"obtenir un licenciement", comme l'affirme Zyvou, mais de refuser une contrainte supplémentaire sur ses trajets, les faisant apparaître escessifs. .
Je maintiens que dans ce cas, l'employeur ne peut que procéder à un licenciement, éventuellement en tentant la qualification de "faute grave", mais vu la jurisprudence en vigueur actuellement, dans le cas de wind justifiant de motifs familiaux réels pour refuser cet accroissement supplémentaire de ses trajets, la cela aurait toute chance d'être "retoqué" au minimum comme licenciement économique, pour motif réel et sérieux, par la justice.
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