Si tu penses à la rupture de CDI, possible depuis l'été 2008 : oui il fallait l'accord des deux parties (toi et ton patron). Mais vu que ton patron a l'air de s'en foutre de toi et ne se souvient pas de sa parole donnée, il n'aurait probablement pas accepté de rupture amiable. Elle donne en effet droit à un peu de sous, ce que les gens sans parole comme lui n'aiment en général pas sortir. Il attendait donc que tu démissionnes ou que tu abandonnes son poste. Donc aucun regret à avoir concernant cette option.
L'abandon de poste finit par un licenciement pour faute grave donc donne bien droit à l'ASSEDIC. Seule la faute lourde (vouloir nuire volontairement à sa boîte en détruisant du matériel par exemple ou frapper son patron) peut poser problème vis-à-vis de l'ASSEDIC. La faute grave n'est en fait pas ... si grave. Et la démission évidemment, qui ne donne droit à rien. J'ai déjà posé une démission dans le passé et ait eu droit à 120 jours de carence. Ça fait très mal. Donc les zorros du clavier qui disent régulièrement sur tel ou tel forum qu'on n'a qu'à démissionner quand on n'est pas content peuvent prendre leur pelle et leur seau et retourner jouer avec : la démission est un luxe qui nécessite d'avoir quelques mois de salaire de côté. On se retrouve donc contraint à l'abandon de poste. C'est absurde mais c'est comme ça. L'idéal aurait été de rester et de le poursuivre aux Prudhommes si tu avais les preuves des heures sup ni payées ni récupérées. Mais ce qui est fait et fait. Et il vaut mieux faire un abandon de poste que de frapper un type à qui on aimerait apprendre à respecter sa parole.
Il faut garder à l'esprit qu'il peut se passer un certain temps avant que ton patron ne t'envoie un recommandé te demandant de reprendre ton poste, puis une convoc pour ton entretien préalable de licenciement. Car tu es toujours son employé tant que tu n'es pas licencié pour faute suite à abandon de poste et recevra donc une fiche de paie affichant un salaire de zéro euro. Il pourrait essayer de te déclarer démissionnaire ou de te le faire dire ou écrire. Ce serait une grossière erreur de sa part. Ne te laisse pas intimider. Dis que tu reviens demain et ne reviens pas. Et recommence aussi longtemps que nécessaire.
Pour ton entretien préalable de licenciement, tu pourras te faire assister s'il n'y a pas de DP dans ta boite. La mairie tient une liste de personnes habilités à t'assister (je ne souviens plus du nom exact de cette liste). Donc pas d'angoisse de se retrouver en tête à tête même si la boite est petite et même si ton patron, en plus de ne pas respecter la loi, était aussi un adepte du harcèlement. Et surtout, après t'être fait mener en bateau aussi longtemps, ne croit plus un mot de ce que ton patron te dit. Ne te laisse pas t'attendrir s'il essaie de parler de la crise bla bla bla bla. Pas de sentiment avec des gens qui n'en n'ont pas : les sentiments c'est pour les amis, la famille et les collègues droits.
La prochaine fois, il faut se souvenir qu'un gars qui ne tient pas parole un mois, deux mois à l'extrême limite ne la tiendra jamais et mentira jusqu'au bout tant qu'il pourra se faire un euro de plus. J'ai un patron comme ça, les DP le trainent régulièrement en justice, il perd à chaque fois mais il recommence : c'est plus fort que lui, le droit du travail, la convention collective, ça le dérange. Ça en devient comique. Les DP ont beau le prévenir avant de le poursuivre, il est resté bloqué sur germinal. Loin de moi l'idée que tous les patrons sont pourris, mais quand tu tombes sur ce genre de profils, il ne faut pas trop espérer de crise de conscience soudaine : il finira même par se poser en victime si tu l'écoutes. Reste lucide et tiens toi au fait (3 ans d'arnaques) pas aux discours.
Garde le cap et bonne chance pour la suite.