Sur la rocade bordelaise comme ailleurs, le radar embarqué, "arme suprême" vouée à régner

Relax News le lundi 21 avril 2014 à 11:16:00

Sur la rocade bordelaise comme ailleurs, le radar embarqué, "arme suprême" vouée à régner


(AFP) - Pas un flash, pas un signe, dans la circulation qui coule. Mais les photos s'accumulent sur la tablette numérique: le radar embarqué démontre sa terrible efficacité sur la rocade bordelaise, fait déjà lever le pied et convainc la police que cette "arme suprême" est vouée à se généraliser.

"Notre véhicule (banalisé) commence à être connu, c'est sûr. Le bouche à oreille fonctionne", concède le policier. "Mais cela ne nous dérange pas. Ils ne savent jamais où on est, ni quand, car ils reçoivent des infractions relevées à toute heure. Et dans leur inconscient, ils savent qu'on est là...".
"Ils" ce sont les 100.000 automobilistes environ, et plus de 15.000 camionneurs, qui empruntent chaque jour la rocade bordelaise, périphérique de 45 km autour de Bordeaux, dont une section située sur l'axe international Nord-Sud vers l'Espagne.
Depuis juin, la CRS autoroutière Aquitaine, qui sillonne cette rocade et trois petites portions d'autoroute, dispose d'un ETM (Equipement de terrain mobile), un radar nouvelle génération embarqué, et au moins 40 véhicules par jour - jusqu'à 70 certains soirs - sont immortalisés à leur insu.
Malgré 20 km/h de marge
On dirait un adulte accro à sa tablette numérique sur le siège passager; en fait le brigadier paramètre la tablette en fonction de la vitesse limite: 90 km/h sur l'essentiel de la rocade, à deux ou trois voies, 70 sur des tronçons en travaux.
La caméra située au niveau de la plaque "déclenche" en dépassement -- ici, le terre-plein central empêche les photos en approche- -  pour chaque vitesse supérieure de 20 km/h au seuil paramétré. Une marge d'erreur que s'est imposée le législateur, mais que n'autorisent pas les radars fixes.
Malgré cette marge, il piège... De temps à autres une voiture "vient fort" dans le rétroviseur, puis ralentit subitement: pour une raison ou une autre, peut-être leur tenue aperçue du coin de l'oeil, les CRS ont été "captés".
Plus loin, le trafic se fluidifie, et sur la voie de gauche, les vitesses fusent et les clichés se succèdent sur la tablette: 120 km/h (pour 90 autorisés), 114, 129... "Pas mal, 129! Ca lui fait du 135-136 compteur...", siffle le policier qui zoome sur la plaque d'une moto.
Chaque soir, les photos sont téléchargées et transmises au Centre Automatisé de Constatation des Infractions Routières (CACIR) de Rennes, qui enverra à l'automobiliste un courrier avec détails de l'infraction, amende, des points retirés automatiquement (à partir de 45 euros et de 1 à 3 points, selon l'ampleur du dépassement).
Une automaticité qui ulcère les usagers de la route: "C'est le tribunal qui devrait apprécier si en fonction du comportement du conducteur, de l'environnement, de la densité de la circulation, tel excès de vitesse peut entraîner des retraits de points, et combien", plaide Me Claude Chambonnaud, président de l'Automobile Club du Sud Ouest (ACSO).
Impact psychologique
Et pourtant, ils ralentissent. "C'est indéniable, on constate que les vitesses baissent depuis quelque temps sur la rocade", constate Jocelyn Janneau, commandant de la CRS autoroutière d'Aquitaine, convaincu d'un "impact psychologique" de l'ETM,  en plus de ses multiples avantages.
Quasi-indétectable, facile d'emploi, évitant une interception parfois périlleuse en moto à grande vitesse... "Pour nous, c'est l'arme suprême", résume l'officier. Les policiers en sont persuadés, le radar embarqué c'est l'avenir, même si le fixe perdurera, car plus approprié à certains sites.
La CRS autoroutière d'Aquitaine espère d'ailleurs son second ETM, qui porterait leur nombre à quatre en Gironde, avec ceux de la gendarmerie.
De fait, le radar embarqué gagne du terrain. Déployés depuis mars 2013, les ETM nouvelle génération, au nombre d'une centaine (2,3% du total de radars), devraient être 200 fin 2014, 300 d'ici fin 2015, une croissance à la mesure de leur efficacité (300.000 flashes en un an, fiabilité d'image supérieure aux radars fixes).
"Qu'on n'aille pas plus loin", demande l'ACSO, pour qui on est arrivé "au plafond des possibilités de règlementation et de répression. On veut contrôler partout, en toute circonstance, et cela génère un phénomène global de rejet, de ras-le-bol des automobilistes, contraire à l'objectif recherché", ajoute Me Chambonnaud. "Les destructions de radars, on ne peut que les condamner, mais c'est symptomatique...".
Des destructions et dégradations de radars fixes, fréquentes ces derniers mois dans la lignée de la fronde de l'écotaxe, qui constituent paradoxalement un puissant plaidoyer en faveur des radars embarqués...


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