Crédit immobilier : qui peut emprunter en 2014 ?

ActuSite le lundi 1 décembre 2014 à 00:00:00

Crédit immobilier : qui peut emprunter en 2014 ?

Sur fond de taux toujours extraordinairement attractifs mais dans un contexte économique délicat, le courtier en crédits immobiliers Meilleurtaux.com s'est attaché à dresser le portrait-robot de l'emprunteur en 2014. Selon le professionnel, qui a passé au crible près de 400.000 dossiers financés et traités par ses services, celui-ci a sensiblement évolué au cours des dix dernières années, semblant illustrer la flambée des prix de l'immobilier durant cette période.

L'acquéreur type est âgé en moyenne de 37 ans, il est relativement aisé (5.237 \u20ac de revenus nets par foyer) et surtout possède un apport personnel important (68.808 \u20ac). « Pour relativiser ce chiffre impressionnant, notons que l'apport français médian en 2014 s'élève quant à lui à 27.000 \u20ac, ce qui signifie que 50 % de nos emprunteurs ont pu devenir propriétaires avec un apport inférieur à cette somme », tempère Hervé Hatt, président de Meilleurtaux.com. Des propos également appuyés par Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez le courtier VousFinancer.com : « pour obtenir un crédit, l'emprunteur doit placer au moins 10 % de fonds propres dans son projet, une somme qui va couvrir les dépenses annexes telles que les frais de notaire ».

Enfin, les données issues de l'enquête de Meilleurtaux.com sont à mettre, comme il est d'usage, en perspective avec les disparités régionales. Si celles-ci sont notables, l'étude parvient néanmoins à mettre en exergue un dénominateur commun, celui du soutien de la sphère privée. Aujourd'hui, selon Meilleurtaux.com, l'achat immobilier est plus que jamais conditionné à la solidarité familiale.

Emprunter : réservé aux riches ?

Un projet immobilier plus tardif, des revenus plus conséquents. Le revenu moyen d'un foyer d'emprunteurs en France en 2014 s'élève désormais à 5.237 \u20ac, avec des moyennes dans l'ensemble des régions françaises qui dépassent les 4.000 \u20ac. Dans l'est de l'Hexagone, les ménages qui sollicitent un prêt auprès des banques disposent en moyenne de 4.300 \u20ac de revenus nets quand les Franciliens avancent 6.462 \u20ac et les Parisiens... 7.998 \u20ac. Des résultats qui tendent aussi et surtout à confirmer que devenir propriétaire dans certaines grandes agglomérations reste plus accessible et requiert moins d'engagements financiers. Les emprunteurs qui s'engagent en moyenne sur 18 ans sont en effet très loin de pouvoir acquérir la même surface.

Sur les sept grosses régions françaises, l'Ile-de-France dépasse ainsi le montant moyen de la transaction avec 332.443 \u20ac, alors que la région Nord affiche la transaction moyenne la plus basse de l'Hexagone à 185.110 \u20ac. « Les disparités régionales sont réelles car avec une transaction près de deux fois plus élevée, l'habitant de la région parisienne va finalement se loger dans une surface 25 % plus petite (soit 61 m2 pour 83 m2 dans le Nord) », relève Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com.

Les primo-accédants peuvent-ils acheter ?

Autre confirmation apportée par l'étude, l'acquéreur d'une maison ou d'un appartement reste majoritairement primo-accédant. « Cette catégorie d'emprunteurs représente en effet 68 % des demandes de crédit recevant une réponse positive d'une ou plusieurs banques ; de quoi tordre le cou aux idées reçues qui voudraient qu'il n'y ait plus de primo-accédants dans le marché immobilier français », explique Hervé Hatt.

Preuve que ces derniers plébiscitent par ailleurs les grandes agglomérations, leur nombre dépasse allègrement les 70 % dans neuf grandes villes sur dix. Lille est ainsi la ville qui compte la part la plus importante de primo- accédants, soit 81 %. « On ne peut à ce propos que constater le décalage criant entre le nouveau PTZ dans l'ancien qui sera concentré dans les zones rurales et la réalité des demandes des primo-accédants », déplore le courtier Immoprêt.

Pas de logement sans l'aide de la famille ?

Les chiffres parlent néanmoins d'eux-mêmes. Avec un apport moyen qui se monte à l'échelon national à 68.000 \u20ac (pour une acquisition d'une valeur de 247.634 \u20ac), « il apparaît plus que jamais incontestable que l'achat immobilier est souvent conditionné à une solidarité familiale qui fonctionne », avance Maël Bernier. A titre de comparaison, l'apport moyen était de 35.000 \u20ac en 2004, ce qui signifie qu'il a quasiment doublé en 10 ans relève Meilleurtaux.com.

Les disparités régionales sont également présentes dans ces apports moyens. Ainsi, quand sur Lille ou Strasbourg, un emprunteur doit respectivement disposer d'un apport de 47.472 \u20ac et de 57.910 \u20ac pour une transaction d'un montant de 224.683 \u20ac et de 224.404 \u20ac, le curseur remonte à 94.087 \u20ac sur Lyon (pour une transaction de 305.811 \u20ac) et à 91.824 \u20ac sur Marseille (pour une transaction de 268.625 \u20ac). Sans surprise, la capitale impose aux emprunteurs de mettre la main à la poche avec un apport moyen de 175.667 \u20ac pour une transaction d'un montant de 445.917 \u20ac.


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