Comment évoluent les finances de PME ?

ActuSite le lundi 8 décembre 2014 à 00:00:00

Comment évoluent les finances de PME ?

Pendant les six dernières années, la croissance de l'activité des PME et ETI a été très limitée couvrant tout juste l'inflation. Entre 2012 et 2013, la progression du chiffre d'affaires n'a été que de 1,2 % pour les PME et de 0,6 % pour les ETI.

A cette faible croissance s'ajoute une dégradation des indicateurs de rentabilité (Excédent brut d'exploitation, Résultat d'exploitation et Résultat net) sur les six ans, malgré un léger rebond profitant aux PME en 2013. Dans ce contexte difficile, les PME et ETI réussissent à maintenir, probablement dans un souci de prudence, un niveau de capitaux propres et de trésorerie satisfaisant avec toutefois un endettement en augmentation. Il en résulte un taux d'endettement exprimé en nombre d'années d'EBE qui se dégrade.« En position d'attente depuis quelques années, et malgré un léger mieux pour les PME (effet CICE ?), globalement l'année 2013 ne permet pas aux PME et ETI de retrouver les marges de manoeuvre suffisantes pour innover, investir et embaucher » conclut ATH.

L'ACTIVITE DES PME ET DES ETI

Le chiffre d'affaires des 15 000 PME et 2 000 ETI du panel a progressé à un rythme très similaire, respectivement 9 et 10 % - progression couvrant à peine l'inflation qui ressort à 9,8 % sur cette période de six ans. L'activité, qui s'était bien redressée après la chute de 2008, montre un ralentissement sévère en 2012 encore plus marqué en 2013. En effet, la croissance n'a été que de 0,6 % pour les ETI et de 1,2 % pour les PME.

De plus, la progression du chiffre d'affaires n'étant pas suffisante pour couvrir la hausse des charges, la rentabilité se dégrade depuis six ans aussi bien pour les ETI que pour les PME :

- le taux d'EBE sur chiffre d'affaires est passé de 6,3 à 5,3 % pour les PME et de 8,1 à 7,2 % pour les ETI

- le taux de résultat d'exploitation sur chiffre d'affaires est passé de 4,3 % à 3,5 % pour les PME et de 5,4 % à 4,3 % pour les ETI.

On constate une très légère amélioration de ces deux taux uniquement pour les PME entre 2012 et 2013 : de 5,2 à 5,3 % pour le taux EBE/CA et de 3,4 à 3,5 % pour le taux de REX/CA. Cela pourrait s'expliquer pour partie par la mise en place du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en 2013 dont l'impact serait proportionnellement plus significatif pour les PME que pour les ETI. Ces taux restent largement insuffisants pour permettre le développement et la pérennité de ces entreprises. L'année 2013 fait apparaître une inversion de la courbe d'excédent brut d'exploitation qui se redresse de façon plus franche pour les PME que pour les ETI.

LES ENTREPRISES BENEFICIAIRES

Le nombre d'entreprises bénéficiaires (EBE positif) est en diminution représentant 84% des PME en 2013 pour 87% en 2008 et 77 % des ETI en 2013 pour 80 % en 2008.

LES SECTEURS D'ACTIVITE

Seul le secteur des Services, aussi bien pour les PME que pour les ETI, a pu retrouver un niveau de rentabilité supérieur à celui de 2008. Tous les autres secteurs ont perdu en rentabilité et notamment le secteur du BTP qui est en pleine récession. LA STRUCTURE FINANCIERE

La trésorerie

Les niveaux de trésorerie se sont en moyenne améliorés pour l'ensemble des ETI passant en de 6,4 M\u20ac à 9,3 M\u20ac soit une augmentation de 44,8 %. Il en est de même pour les PME qui conservent dans l'ensemble un niveau de trésorerie moyen (923 K\u20ac en 2013) en amélioration depuis 2008 (22,7 %).

L'endettement

Le ratio d'endettement sur excédent brut d'exploitation s'est quant à lui dégradé ; il est passé de :

- 1,95 année en 2008 à 2,37 années en 2013 pour les PME,

- 2,44 années en 2008 à 3,03 années en 2013 pour les ETI.

Les capitaux propres

Le niveau des capitaux propres s'est amélioré de 20,8 % en moyenne pour les ETI et de 26,2 % pour les PME. Ce renforcement des fonds propres résulte d'une intégration partielle des résultats dans les réserves et éventuellement d'augmentations de capital. Cette relative bonne situation des capitaux propres est certainement la manifestation d'une très grande prudence de la part des chefs d'entreprise qui souhaitent se doter d'un volant de sécurité pour faire face à d'éventuelles difficultés.


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