Le régime de la communauté universelle, avec attribution intégrale au survivant, permet de transmettre à ce dernier la totalité des biens sans aucuns droits de succession. Mais elle défavorise les enfants qui ne reçoivent rien et qui devront payer plus tard des droits plus lourds
La donation au dernier vivant permet de transmettre à son conjoint toute la quotité disponible, c'est-à-dire la part qui n'est pas légalement réservée aux enfants. Inconvénients :
Peu connue du public, la clause de préciput évite ces inconvénients. Il s'agit d'un « avantage matrimonial », inséré dans le contrat de mariage, qui prévoit l'attribution de tout ou partie d'un bien commun au survivant.
Elle peut être incluse avant le mariage par la rédaction d'un contrat.
Elle peut être aussi incluse en cours de mariage, ce qui entraîne une modification du régime matrimonial avec les formalités afférentes. Naturellement, l'insertion de cette clause suppose l'existence ou l'adoption d'un régime de communauté puisqu'elle ne peut porter que sur un bien commun.
Sur tout ou partie d'un ou plusieurs biens communs, que ce soit en pleine propriété, en nue-propriété ou en usufruit. Il peut s'agir d'un ou plusieurs biens déterminés (portefeuille mobilier, immeuble, etc.) ou d'une somme d'argent définie qui sera prélevée sur les liquidités de la communauté au moment du décès. S'il n'y a pas assez de liquidités, le conjoint survivant pourra faire vendre une partie des biens communs pour prélever son dû.
L'époux survivant ne paie aucuns droits. Il n'acquitte qu'un droit de partage de 1% sur la valeur nette du bien, déduction faite du passif.
Contrairement au régime de la communauté universelle, les époux peuvent choisir les biens qu'ils veulent se transmettre.
Ils n'ont pas non plus à respecter les limites de la quotité disponible.
Les enfants perçoivent quand même une partie du patrimoine.
Comme il s'agit d'un avantage matrimonial, et non pas d'une donation, il faut l'accord des deux époux pour remettre en cause une clause de préciput.
Réalisé en collaboration avec des professionnels du droit et de la finance, sous la direction d'Eric Roig, diplômé d'HEC