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Mardi 13 mai 2008 - 15:18:28

Rupture du Pacs : la déclaration de revenus


Comment déclarer ses revenus l'année de la fin du pacs ? Tout dépend du motif qui met fin au Pacs...
La loi de finances pour 2005 a supprimé le délai de trois ans préalable à l'imposition commune des personnes ayant souscrit un Pacs, qui peuvent donc bénéficier d'un quotient familial de deux parts dès la signature du pacte.

L'année de la conclusion du Pacs


L'année de la conclusion du Pacs, les contribuables concernés sont donc en principe soumis au dépôt de trois déclarations :

une imposition personnelle pour l'ensemble des revenus perçus par chaque partenaire et, éventuellement, ses enfants ou personnes à charge pour la période comprise entre le 1er janvier et le jour précédant celui de la conclusion du pacte.

une imposition au nom du couple pour l'ensemble de leurs revenus et, éventuellement, ceux de leurs enfants ou personnes à charge pour la période comprise entre la date de conclusion du pacte et le 31 décembre de l'année de sa conclusion.
L'imposition commune est toutefois subordonnée à la condition que le pacte ne soit pas rompu l'année de sa souscription ou l'année suivante. Dans cette hypothèse, l'imposition commune est en effet remise en cause rétroactivement et donne éventuellement lieu à régularisation (cf. infra).

L'année de la rupture du Pacs


Les contribuables sont en principe assujettis au dépôt de trois déclarations de revenus l'année de rupture du Pacs :

une imposition au nom du couple pour l'ensemble de leurs revenus et, éventuellement, ceux de leurs enfants ou personnes à charge pour la période comprise entre le 1er janvier et le jour précédant celui de la rupture ;

une imposition personnelle pour l'ensemble des revenus perçus par chaque partenaire du Pacs et, éventuellement, ses enfants ou personnes à charge pour la période comprise entre le jour de la rupture et le 31 décembre de l'année considérée.

Ces règles ne s'appliquent toutefois que si la rupture du Pacs

<ul>
<li>survient postérieurement à l'année suivant celle de sa conclusion. Dans le cas contraire, les personnes concernées font l'objet d'une imposition en leur nom propre en tant que célibataire, veuf ou divorcé, tant au titre de l'année de conclusion du pacte qu'au titre de celle de sa rupture (cf. infra).</li>
<li>ou résulte du mariage, lorsqu'il intervient postérieurement à l'année qui suit celle de la rupture du Pacs, des partenaires entre eux (cf. infra) ou avec une tierce personne.
</ul>

L'imposition des revenus l'année du mariage s'effectue en revanche selon des règles particulières lorsque les personnes liées par le Pacs se marient ensemble l'année de la rupture du Pacs ou l'année suivante (cf. infra).

La rupture du Pacs pour cause de décès


En cas de décès de l'un des partenaires du Pacs, la personne survivante est personnellement imposable au titre des revenus qu'elle a perçus au cours de la période postérieure au décès. Il est par suite établi deux déclarations distinctes l'année du décès :

une imposition commune au nom des deux partenaires pour l'ensemble de leurs revenus et éventuellement de ceux perçus par les enfants ou personnes à leur charge au cours de la période comprise entre le 1er janvier et le jour précédant celui du décès ;

une imposition personnelle pour l'ensemble des revenus perçus par le partenaire survivant et, éventuellement, ses enfants ou personnes à charge pour la période comprise entre le jour du décès et le 31 décembre de l'année d'imposition.

Si le décès survient l'année de la conclusion du pacte, il est procédé à :

une imposition séparée au nom de chacun des partenaires à raison des revenus perçus (et, éventuellement, des revenus de leurs enfants ou personnes à charge) pour la période comprise entre le 1er janvier de l'année d'imposition et le jour précédant celui de la conclusion du Pacs

une imposition commune pour l'ensemble des revenus du foyer fiscal perçus au cours de la période comprise entre le jour de la conclusion du Pacs et celui précédant le décès

une imposition au nom du partenaire survivant et éventuellement de ses enfants ou personnes à charge pour les revenus perçus entre la date du décès et le 31 décembre de l'année considérée.

Les cas d'imposition séparée


Le rapprochement des règles d'imposition applicables aux contribuables mariés et aux partenaires liés par un Pacs ne se limite pas à celles relatives à l'imposition commune mais concerne également certains des cas où les personnes mariées sont tenues d'effectuer des déclarations de revenus séparées.

Rappelons qu'aux termes du 4 de l'article 6 du CGI, les époux font l'objet d'impositions distinctes dans les situations suivantes :

<ul>
<li>les époux sont séparés de biens et ne vivent pas sous le même toit,</li>
<li>les époux sont en instance de séparation de corps ou de divorce et ont été autorisés à avoir des résidences séparées,</li>
<li>l'un ou l'autre des époux a abandonné le domicile conjugal et chacun dispose de revenus distincts.
</ul>

Ces règles ne sont pas transposables stricto sensu aux partenaires liés par un Pacs.

Ainsi, les dispositions relatives au divorce ou à la séparation de corps sont par définition inapplicables.

Mais l'imposition distincte des revenus devra toutefois être retenue à l'égard des personnes qui organisent, dans le cadre du pacte, un régime relatif aux biens produisant des effets identiques à celui de la séparation des biens et résident séparément.

Lorsque les circonstances de fait permettront d'établir que la communauté de vie qui caractérise le Pacs fait effectivement défaut en raison notamment de l'abandon du domicile commun par l'un des partenaires et que par ailleurs chacune des personnes constituant le pacte dispose de revenus distincts, les contribuables concernés seront donc tenus d'effectuer des déclarations de revenus distinctes, à l'instar des couples mariés.

Quand le Pacs est rompu l'année de sa conclusion ou l'année suivante


L'imposition commune des partenaires liés par un pacs est remise en cause lorsque sa rupture survient l'année de sa conclusion ou l'annee suivante
Cette disposition qui n'existe pas en matière de divorce a été introduite dans le cas du Pacs car la rupture de celui-ci est soumise à un formalisme beaucoup moins contraignant et peut notamment résulter de la volonté unilatérale de l'un des deux partenaires.
Ainsi, lorsque le pacte prend fin au cours de l'année civile de sa conclusion ou de l'année suivante pour un motif autre que le mariage ou le décès, chaque membre du pacte fait l'objet d'une imposition distincte au titre de l'année de sa conclusion et de celle de sa rupture.

1. La rupture du Pacs intervient avant le dépôt des déclarations afférentes aux revenus perçus l'année de sa souscription


Il s'agit des cas où la rupture survient l'année de conclusion du Pacs, ou au début de l'année suivante et en tout état de cause avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus.
Dans ces situations, les revenus ne doivent pas faire l'objet d'une imposition commune.
En effet, chaque contribuable doit déposer une déclaration en son nom propre au titre des revenus qu'il a perçus l'année de conclusion du pacte et l'année de sa rupture, si celle-ci est intervenue l'année suivante.

En présence de revenus du patrimoine (revenus fonciers ou revenus de capitaux mobiliers) ou de plus-values imposables, chaque contribuable déclare la quote-part qui lui revient au sein de ces revenus. Si la quote-part ne peut pas être déterminée, les sommes en cause sont imposées au nom de chacune des personnes concernées à hauteur de 50% de leur montant.


Exemple : Deux contribuables souscrivent un Pacs le 1er juillet de l'année N. Celui-ci est rompu le 1er mars N+1. Chaque membre du Pacs souscrit une déclaration en son nom propre au titre des revenus perçus en N et en N+1.

2. La rupture du Pacs intervient après le dépôt des déclarations afférentes aux revenus perçus l'année de sa souscription


Cette situation correspond au cas où la rupture du Pacs survient l'année qui suit celle de sa souscription et postérieurement à la date limite de dépôt de la déclaration des revenus perçus au cours de l'année de conclusion du pacte.

Les revenus en cause ont donc été imposés dans les conditions de droit commun décrites supra et l'imposition primitive établie au titre des revenus perçus au cours de l'année de souscription du pacte doit faire l'objet d'une régularisation puisque la rupture du Pacs emporte remise en cause de ses conséquences fiscales.

Chaque contribuable dépose à cette fin auprès du centre des impôts ayant procédé à l'imposition initiale une déclaration rectificative mentionnant les revenus qu'il a perçus à titre personnel.

En présence de revenus du patrimoine ou de plus-values imposables, la répartition entre les contribuables s'effectue selon les modalités exposées supra.
La rectification des impositions initiales est une conséquence de la rupture du Pacs qui, aux termes mêmes de la loi, remet en cause les conséquences fiscales qu'il a produites. Dans la rigueur des principes les déclarations rectificatives devraient donc être déposées sans délai dès lors que le fait générateur (la rupture du pacte) est intervenu. Il est toutefois admis que leur dépôt puisse intervenir jusqu'à la date limite du dépôt des déclarations des revenus de l'année de la rupture.
En l'absence de régularisation spontanée par les contribuables, le service doit, dès qu'il a connaissance des faits justifiant la remise en cause de la situation des personnes concernées et avant l'engagement de toute procédure de rectification, les inviter à régulariser leur situation dans un délai de 30 jours. En l'absence de réponse dans ce délai, une proposition de rectification effectuée selon la procédure contradictoire leur sera adressée.

Les contribuables liés par un pacs se marient ensemble


Le mariage entraîne automatiquement rupture du Pacs. Mais le mariage peut aussi survenir après que les partenaires du Pacs décident préalablement d'y mettre fin. Les modalités d'imposition varient selon que le mariage survient l'année de rupture du Pacs ou l'année suivante, ou à compter de la seconde année suivant celle de la rupture.

1. Le mariage survient l'année de rupture du Pacs ou l'année suivante


Les personnes ayant conclu un Pacs sont soumises à imposition commune dès l'année de sa souscription et le fait qu'elles se marient ensemble est sans incidence sur le régime d'imposition des revenus perçus l'année au cours de laquelle survient cet événement, lorsque celui-ci se produit l'année de rupture du Pacs ou l'année suivante, même s'il existe une période de latence entre la rupture du pacte et le mariage.

Les revenus perçus entre la date du mariage et le 31 décembre de l'année considérée ne font donc pas l'objet de déclarations distinctes. Les personnes concernées sont imposées communément en qualité de contribuables pacsés sur l'ensemble des revenus de ladite année.

En effet, la poursuite de l'union sous une autre forme (le mariage) dans un délai peu éloigné de la conclusion du Pacs, ne justifie pas le dépôt de déclarations multiples qui auraient pour conséquence d'atténuer sans fondement la progressivité de l'impôt.

Exemple : Deux personnes concluent un Pacs le 2 février et le rompent le 15 avril, puis se marient le 1er juin de la même année. L'imposition de ces personnes au titre des revenus perçus s'établit comme suit : une imposition en leur nom propre au titre des revenus perçus par chacun d'entre eux entre le 1er janvier et le 1er février + une imposition commune, en qualité de contribuables pacsés, au titre des revenus perçus par le couple au cours de la période comprise entre le 2 février et le 31 décembre, sans égard à la période écoulée entre la rupture du Pacs et le mariage, cet événement étant lui-même sans conséquence sur les modalités d'imposition des revenus perçus depuis la date de conclusion du pacte.

Lorsque le mariage intervient l'année qui suit celle de la rupture du Pacs, l'imposition commune des revenus s'applique non seulement l'année du mariage et les années ultérieures, mais aussi l'année de rupture du pacte.

Si la date du mariage est postérieure à celle du délai de souscription des déclarations de l'année de rupture du Pacs, les contribuables ont procédé pour les revenus perçus au titre de cette année au dépôt de déclarations multiples. Ils doivent alors déposer une déclaration rectificative pour qu'il soit procédé à la régularisation de l'imposition initiale.

2. Le mariage survient postérieurement à l'année qui suit celle de la rupture du Pacs


Dans cette situation, les dispositions de droit commun s'appliquent. Les personnes concernées font donc l'objet d'impositions distinctes en tant que célibataires pour la période précédant le mariage et sont soumises à imposition commune de la date de celui-ci jusqu'au 31 décembre de l'année d'imposition.







Réalisé en collaboration avec des professionnels du droit et de la finance, sous la direction d'Eric Roig, diplômé d'HEC


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