La naturalisation est un mode d'acquisition volontaire de la nationalité française. Cette procédure est soumise à des conditions et des formalités plus contraignantes que celles prévues en cas de naissance en France ou de mariage avec un français.
Avant d'entamer toute démarche administrative, l'étranger doit vérifier qu'il réunit bien les conditions imposées par l'Etat français.
Le demandeur doit être âgé d'au moins 18 ans. Cependant, l'enfant mineur resté étranger bien que l'un de ses parents ait acquis la nationalité française peut également engager cette procédure s'il justifie avoir résidé en France avec ce parent durant les cinq années précédant le dépôt de la demande.
L'étranger doit également résider en France. Cette condition implique deux conséquences :
Cependant, cette seconde condition peut parfois faire l'objet d'une réduction de durée ou d'une dispense. La période de résidence minimale peut notamment être réduite à 2 ans lorsque l'étranger a accompli avec succès 2 ans d'études en France. Dans le même sens, l'étranger qui possède le statut de réfugié n'est pas soumis à la condition de durée de résidence.
Le demandeur doit en outre :
La naturalisation est une décision administrative prise sous forme de décret. La décision de l'administration relève de son pouvoir discrétionnaire : elle est libre de refuser ou d'accepter l'acquisition de la nationalité.
La demande doit être déposée à la préfecture du département où le postulant a établi sa résidence effective (à Paris, ce dépôt doit être adressé à la préfecture de police). Lorsque le demandeur est situé à l'étranger, il doit adresser son dossier auprès d'un consulat français du pays où il réside.
Le demandeur doit remplir en double exemplaire un formulaire de demande d'acquisition de la nationalité française par naturalisation. Il doit y joindre l'ensemble des justificatifs figurant au sein de la notice d'information. Depuis le 1er janvier 2012, le demandeur doit également produire un diplôme (d'un niveau au moins égal au brevet des collèges) ou une attestation justifiant d'un niveau minimal de connaissance de la langue française. Les personnes qui, en raison de leur âge, d'un état de santé déficient chronique ou d'un handicap, ne sont pas en mesure de produire ce document seront convoqués à un entretien individuel.
La demande sera classée sans suite si l'intéressé n'a pas fourni la totalité des pièces nécessaires dans un délai de 6 mois à compter du dépôt. A la réception du dossier complet, l'administration remet un récépissé daté au demandeur.
Le préfet (ou, à Paris, le préfet de police) auprès duquel la demande a été déposée examine si les conditions requises par la loi sont remplies. Lorsqu'une pièce fait apparaître que la demande n'est pas conforme, celle-ci est alors directement déclarée comme irrecevable.
Lorsque le préfet estime que la demande est recevable et qu'il y a lieu d'accorder la naturalisation, le dossier est transmis au ministre chargé des naturalisations. Celui-ci pourra procéder à tout complément d'enquête qu'il juge utile, portant sur la conduite et le loyalisme de l'intéressé.
Plusieurs causes peuvent justifier une décision de refus. Le ministre peut soit :
Dans tous les cas, la décision doit être motivée et notifiée à l'intéressé.
Lorsqu'elle est favorable, la décision donne lieu à un décret de naturalisation signé puis publié au Journal officiel de la République française. L'intéressé se voit alors délivrer un extrait du décret et une copie des actes de l'état civil français.
| Naissance en France et nationalité : conditions et démarches | Mariage et nationalité française : conditions et démarches |
Transmission du patrimoine : tout ce qu'il faut savoir