Bonjour,
si j'ai bien compris, vous vendez le bien objet de la donation-partage (tout le monde est OK pour cela), chaque nu-propriétaire prend le montant correspondant à sa part et avec le montant de l'usufruit, vos parents financent les travaux de votre propre maison (que vous n'avez pas encore acquise et où ils vont loger leur vie durant).
Si tel est bien le cas, vous vous exposez, à leur décès, au risque de devoir restituer à vos co-héritiers une partie de ces sommes. En effet, juridiquement, par l'effet de la donation-partage, vos frères et soeurs auraient du recueillir une partie de l'usufruit de la maison lors de la succession de vos parents, ou, dans votre cas, des liquidités restantes après la cession de l'usufruit. Si les comptes sont vides parce que les sommes ont profité en intégralité et à titre gratuit à un seul héritier, il y a rupture d'égalité successorale. Ceci est possible dans les limites fixées par ce que l'on appelle la réserve et la quotité disponible. En d'autres termes, avant de regarder les abattements fiscaux et autres avantages, il faut déterminer avec le plus de précision possible le montant de la quotité disponible pour en connaître les limites et ne pas s'exposer à rembourser des sommes que vos parents souhaitaient vous confier.
Dans votre cas, la quotité disponible est de 1/4 du patrimoine successoral (lequel comprend tous les biens restants au décès + tous les biens donnés, ajoutés fictivement). Si l'actuelle maison n'est pas le seul bien que possèdent vos parents, il faut vérifier que l'usufruit ne dépasse pas, en valeur le 1/4 du prix de vente (25 %). Si tel est le cas, ils sont libres de vous donner l'intégralité de la somme perçue au moment de la vente. Si tel n'est pas le cas, il faut ajouter les autres biens à la valeur de la maison et calculer le 1/4, ce qui vous donnera le montant maximum autorisé pour une donation à votre profit sans que les autres héritiers n'aient rien à y redire.
Ensuite et surtout, veillez à bien préciser, quelle que soit la forme de la donation, qu'il s'agit d'une donation "préciputaire et hors part" et non d'une donation en avancement d'hoirie. En effet, sinon, vous exposez à ce que l'on appelle le rapport de la donation, en gros on va considérer que ce n'est pas donné à titre définitif mais simplement comme une avance sur votre part d'héritage, ce qui n'est semble-t-il pas le but ici.
Enfin, concernant la maison à acheter, elle sera à vous et à vous seule !! La donation de vos parents n'aura aucune espèce d'incidence sur la propriété, dans le pire des cas, les autres héritiers pourraient vous demander, si la donation a dépassé la quotité disponible, de restituer la part qui aurait du leur revenir. Mais, à aucun moment, ils n'ont de droits de propriétaires, pas plus que vos parents d'ailleurs lorsqu'ils y logeront !!
Concernant le don manuel, il s'agit tout simplement d'une forme simplifiée de donation pour les sommes d'argent et il se déclare aux services fiscaux au moyen d'un imprimé Cerfa que vous trouverez en ligne sur le site impots.gouv.fr ou sous format papier dans n'importe quel centre des impôts. Attention, les abattements évoqués dans les réponses précédentes sont soumis à des conditions d'âge du donateur. Si mes souvenirs sont bons, il ne faut pas avoir plus de 65 ans pour en bénéficier. Il existe également des droits de donation réduits jusqu'à 80 ans.
Maintenant, pour éviter ce genre de problèmes, et selon l'âge de vos parents, la solution la plus simple reste le bail à travaux, qui consiste justement à faire payer au locataire un capital destiné à la réalisation des travaux et correspondant à X années de loyer. L'avantage est triple : vous restez dans une relation contractuelle non soumise au droit des successions (donc pas de réserve, pas de quotité disponible et pas de droits de donation à payer), vos parents bénéficient du statut de locataire avec tous les avantages qui vont avec (notamment aides sociales selon leur niveau de revenu et éventuellement APL si le bien entre dans une SCI) et vous déclarez des revenus locatifs qui vous permettent de déduire intérêts et travaux lors de votre déclaration d'impôts. En revanche, vous pariez sur l'espérance de vie de vos parents, s'ils décèdent avant le "remboursement" intégral des travaux, vous serez redevables envers votre frère et votre soeur.